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"Face aux crises, une solution : la conversion écologique et sociale de notre société"

Billets / Tribunes

| Par Bruno REBELLE | Mercredi 9 Octobre 2013 à 12:46 | 0 commentaire

Kumi Naidoo, Directeur exécutif de Greenpeace International a écrit au Président Vladimir Putin pour lui proposer de venir le rencontrer à Moscou pour négocier la libération des 28 activistes et des 2 journalistes qui avaient protester contre l'implantation de la plateforme de forage de Gazprom en plein Océan Arctique, la même où les conséquences du réchauffement climatique sont les plus visibles. Cette manifestation pacifiste n'avait d'autre objectif que de rappeler la compagnie Gazprom a ses responsabilités : cesser l'exploration de nouvelles ressources gazières pour se tourner vers les énergies renouvelables et lutter ainsi efficacement contre le changement climatique qui met péril l'Arctic, la Russie et le monde.
Kumi Naidoo sait pertinemment qu'en se rendant en Russie il risque d'être arrêté et rejoindre ses collègues dans les prisons russes. Cette détermination et ce courage sont justes admirables.

La lettre de Kumi Naidoo est reproduite ici.


Dear President Putin

Following the refusal yesterday of bail for our activists and a freelance photographer, and in response to your offer in Salekhard to engage in discussion over the fate of the Arctic, I request an urgent meeting with you.

I would of course be willing to meet you anywhere in the world, in a place of your choosing, but I ask that if possible our meeting is held at your earliest convenience in Russia.

Unlike the world leaders with whom you are more used to convening, I would not carry with me the power and influence of a government. Instead I would come equipped only as the representative of millions of people around the world, many of them Russian, whose fervent wish is to see an early end to the continued imprisonment of the thirty brave and peaceful men and women held in Murmansk.

Their fate is a matter of global concern. Therefore, I would come to you with an offer. I am willing to move my life to Russia for the duration of this affair. I would offer myself as a guarantor for the good conduct of the Greenpeace activists, were they to be released on bail. They, we, Greenpeace, do not believe ourselves to be above the law. We are willing to face the consequences of what we did, as long as those consequences are within a nation’s criminal code as any reasonable person understands that code to be.

It is clear from your own statements that you do not regard the activists as pirates, although that is the charge levelled against them. You, in common with millions around the world, know that in being accused of piracy they are charged with a crime that did not happen, that our activists are accused of an imaginary offence. Indeed, you have previously said that you have admiration for groups like Greenpeace, and that our protests inspire sympathy in you. Were our friends to be released on bail, I offer myself as security against the promise that the twenty-eight Greenpeace International activists will answer for their peaceful protest according to the criminal code of Russia.

The law, as we both know, does not apply the offence of piracy to the actions of peaceful protesters. I therefore ask you to use any avenues of action open to you as President of the Russian Federation to request that the excessive charges of piracy against the detainees are dropped, and that any charges brought are consistent with international and Russian law. I also respectfully ask that the two independent freelancers, who are not Greenpeace members, be immediately freed.

One day after the arrest of the activists, the United Nations issued its latest warning on the threat posed to all of us, to your nation, to mine, to the world, by climate change. The findings of the report, authored by our greatest scientific minds, imply that we cannot afford to prospect for and burn new sources of fossil fuels. That is why the protesters felt compelled to make the stand they did, a stand that was both peaceful and respectful of your nation.

My own personal history as a young activist in the anti-apartheid movement has taught me that dialogue is paramount, that in the interests of finding a common understanding we must be willing to talk. I believe that my offer to come to Moscow, to meet you, and to stay there, affords us such an opportunity. This continued affair benefits nobody, including the great nation of Russia, and certainly not the families and friends of the people in prison.

I appreciate the risk that my coming to Russia entails. Last year I was part of a peaceful protest that was identical in almost every respect to the one carried out by my colleagues. Our peaceful protest last year was witnessed by the Russian coast guard, who refused to intervene when requested to by Gazprom because they understood that our actions posed no threat to the safety of people or property. But one year later the activists who did exactly the same thing now face a charge of piracy and the prospect of years in jail. In coming to Russia, I do not expect to share their fate, but it is a risk I am willing to take in order to find with you that common understanding.

Sincerely

Kumi Naidoo

Executive Director
Greenpeace International

Bruno REBELLE

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Billets / Tribunes

| Par Bruno REBELLE | Mercredi 7 Août 2013 à 09:13 | 0 commentaire

Dans un entretien au Figaro donné le 3 août, le député socialiste Christian Bataille en proposant de « remettre les écologistes à leur juste place », lance une nouvelle charge contre les défenseurs de l’environnement en général et les Verts en particulier. Je laisse le soin aux dirigeants de EELV de commenter les propos tenus par Monsieur Bataille contestant les choix du Président de la République de maintenir les équilibres politiques au sein de sa majorité. Mais je ne résiste pas à l’envie de rappeler à cher Christian qu’il se trompe bataille.


Bataille se trompe de combat !
Depuis le Rapport Meadow, en 1972 tout de même, de nombreux observateurs s’interrogent sur les limites d’une croissance économique érigée en modèle structurant la société. Depuis la présentation en 1987 par Madame Gro Harlem Brundtland du célèbre rapport « Notre futur commun » le concept de développement durable a fait son chemin. Plus récemment le Grenelle environnement porté par le gouvernement Fillon a mis en évidence l’intérêt de relancer la croissance verte… Enfin, le Président François Hollande, a été élu en mettant en avant l’importance de conduire une transition écologique et sociale comme piste d’une sortie de crise. Que faut il de plus à Monsieur Bataille pour comprendre que le monde a changé et les ressorts anciens du dogme socialiste – produire des richesses pour les redistribuer – ne fonctionnent plus tout a fait comme hier… ?


Bataille se trompe de combat !
Nous ne saurions trop lui conseiller de lire avec attention l’analyse toute récente faite par la nouvelle responsable de l'environnement aux Etats-Unis qui souligne que la prise en compte de l'environnement est bénéfique à l'économie et à la création d'emplois. Cette analyse est le fruit de décennies d'expérience dans ce grand pays. Gina McCarthy, nouvelle administratrice de l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA), dans son premier grand discours prononcé à Harvard estime que ces constats devraient mettre fin au " faux dilemme " qui tendait à affirmer que la protection de l'environnement entravait la croissance économique.
La haute autorité américaine souligne par exemple l’effet bénéfique sur l’activité du secteur automobile qu’ont eu les normes plus strictes de consommation de carburant imposées par le gouvernement Obama en 2011. La contrainte aura eu pour effet la mise sur le marché de véhicules moins émetteurs et plus économes, redynamisant les ventes de voitures.


Dans un domaine un peu différent, l'EPA souligne l’intérêt des mesures prises pour réduire la pollution par le mercure, les particules fines, les suies, le dioxyde de soufre et d'autres substances toxiques pour contribuer à la rédaction des dépenses de santé et stimuler l’innovation notamment dans le domaine des énergies renouvelables. L’institution met en parallèle la réduction de 70 % ces émissions des polluants courants par rapport à 1970, et le taux de croissance de 200 % de l’économie nationale sur la même période. Dont acte.

Alors que la plupart des entreprises ont cessé d'opposer environnement et performance économique, alors que les principaux syndicats n'opposent plus, depuis plusieurs années, préservation de l'emploi et prise en compte des enjeux écologiques, il serait temps que le Parti Socialiste explique à ses ténors – dont Christian Bataille est un noble représentant – que l’avenir est aux technologies propres, aux pratiques respectueuses de l’environnement, aux dépenses de réparation évitées, à l’exploitation des ressources renouvelables… et que le socialisme sera écologiste ou ne sera pas !

Bruno REBELLE

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Billets / Tribunes

| Par Bruno REBELLE | Samedi 20 Juillet 2013 à 01:59 | 0 commentaire

Après 6 mois d’un débat dont la qualité et la profondeur ont été saluées par tous - 50 réunions des 8 groupes de travail du Conseil national, plus de 1000 débats dans les territoires, une consultation citoyenne innovante – le Comité de pilotage pensait tenir un bon texte de recommandations pour que le gouvernement engage notre pays dans une transition énergétique, oh combien nécessaire. Mais, à l’ouverture de la dernière séance de travail, nos espoirs ont été douché par le Medef, déclarant irrecevable ce texte sur lequel il avait pourtant imposé des amendements jusqu’au dernier moment. Passons sur l’inélégance de la méthode qui méprise le jeu collectif auquel les autres acteurs se sont pliés. Regardons plutôt ce que nous dit cette reculade, finalement passagère.


Cette Transition dont ils ne veulent pas !
Nous savions que le plus difficile dans ce débat serait de s’affranchir des postures dans lesquels les acteurs s’enferment. Dans ce théâtre social, les ONG ne doivent rien lâcher, les syndicats s’accrochent aux acquis et les collectivités campent sur leurs compétences et leurs maigres ressources. Le Medef, lui, endosse l’habit de l’acteur responsable, réaliste et soucieux de préserver la compétitivité et la croissance.
L’indécrottable optimiste que je suis se prenait à rêver que le réalisme serait de reconnaître que le changement climatique n’attend pas, pas plus que les 3.264.500 chômeurs recensés en mai 2013, ou que le déficit commercial alourdit en 2012 de 70 milliards d’Euro d’achat de pétrole, de gaz et d’uranium. Sans angélisme, j’ai vu la plupart des acteurs évoluer. Les ONG ont fini par lâcher un peu de leurs revendications légitimes, par exemple sur le détail de la décrue du nucléaire. Les collectivités portées par l’enthousiasme de leurs administrés qui voient la transition comme une évolution positive, ont du renoncer à des innovations qui pourtant renforçaient leur efficacité. Les syndicats ont admit la transformation du paysage énergétique et insistent sur l’importance de l’accompagnement des mutations professionnelles qui en découlera.

J’ai aussi entendu les cadres du Medef affirmer qu’il faudrait respecter les engagements de la France pour le climat. Je les ai vu tiquer quand les experts, y compris ceux qu’ils avaient mandatés, ont expliqué que pour tenir cet objectif il faudrait réduire de 50% la consommation énergétique d’ici 2050. Ils ont toussé quand certaines entreprises – de « leur camp » - ont affirmé qu’un programme ambitieux de sobriété énergétique et d’efficacité stimulerait l’innovation, boosterait la recherche et pourrait faire de notre pays un leader mondial de l’efficacité énergétique.
Au pied du mur, le Medef a craqué, renonçant à soutenir l’engagement collectif d’une sortie de la crise par le haut.
Car c’est bien une sortie par le haut que nous a indiqué ce grand débat. Nous savions la transition énergétique nécessaire : changement climatique, facture énergétique, vieillissement des centrales nucléaires, explosion de la précarité énergétique. Les échanges ont montré que la transition était techniquement possible en combinant des efforts de sobriété et d’efficacité avec le développement des énergies renouvelables. Nous avons eu la démonstration que la transition était souhaitable. Quelque soit le scénario les investissements nécessaires se remboursent sur la période, dégageant pour les options les plus ambitieuses un bénéfice de 1000 milliards d’€ d’ici 2050 (un demi PIB !). Différentes études ont aussi souligné que la transition pourrait générer un bilan net de 600 et 800.000 emplois, résorbant 20 à 25 % du chômage de 2013.

J’ai pensé – naïvement – que la raison l’emporterait et que devant cette démonstration, même les plus conservateurs feraient le pari de l’innovation technique, sociale et politique pour promouvoir des modes de vie plus économes, une mobilité plus maîtrisée que subie, un habitat plus efficace et plus sain, des entreprises plus compétitives, de nouveaux emplois et des collectivités plus performantes sur les enjeux énergétiques territoriaux.
Il aura fallut de longues heures de négociation pour ramener un Medef trop inquiet, ou trop conservateur, vers un accord collectif soulignant quelques dissensus au milieu de nombreuses propositions consensuelles. Et si un texte a été adopté en fin de journée, il est regrettable, qu’à la demande de l’institution patronale, nous passions de la force de « recommandations pour le gouvernement » à la fadeur d’une « synthèse collective sur les enjeux ».

Les atermoiements du Medef sont d’autant plus surprenants que les contraintes des grandes entreprises, en particulier des électro ou gazo-intensives, ont été prises en compte, et que la transition c’est surtout de l’activité en plus pour les artisans, les PME et les grands groupes. Ces hésitations semblent traduire l’incapacité de certains patrons, pourtant conscients que notre économie est dans l’impasse, à faire un pas de côté pour engager une mutation profonde de notre politique énergétique. Le naufrage de l’industrie automobile, les difficultés du marketing nucléaire international, ou les errements du secteur bancaire illustrent tristement cet immobilisme mortifère.

Il nous reste à faire le pari d’un sursaut d’ambition du gouvernement pour promouvoir un projet de loi à la hauteur des enjeux. Faisons aussi le pari d’une mobilisation salutaire des entrepreneurs progressistes dont ce pays est riche. Avec eux, prenons le risque – maîtrisé – de la transition, car notre société va mal, trop mal pour accepter l’immobilisme! Il paraît que le changement se devait être maintenant…
Décidons de notre avenir, pour ne pas le subir !

Bruno REBELLE

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