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"Face aux crises, une solution : la conversion écologique et sociale de notre société"

Billets / Tribunes

| Vendredi 18 Septembre 2009 à 17:22 | 0 commentaire
La lutte contre le changement climatique devient progressivement un objectif prioritaire des politiques publiques. C’est une bonne nouvelle. Si l’on note avec satisfaction la multiplication des initiatives pour l’isolation des bâtiments, la promotion des énergies renouvelables, ou le développement des modes de transports doux, on doit regretter que les mesures plus structurelles tardent à voir le jour

Pourtant, ce sont les décisions prises aujourd’hui en matière d’aménagement du territoire, d’infrastructures de transport ou de grands équipements qui vont peser durablement sur les émissions de gaz à effet. Soit ces mesures offriront un cadre facilitant la limitation des émissions, soit elles retarderont de plusieurs décennies la possibilité d’une réduction significative. Programmer en 2009 la construction d’autoroutes ou investir dans le ferroviaire, est un choix qui contraindra ou optimisera, pour les 50 prochaines années, nos capacités collectives de faire face à l’enjeu climatique.

Le déficit d’articulation de ces choix structurants entre les différentes échelles, du territoire national à la commune en passant par la région, handicape sérieusement cette mutation des logiques d’aménagement et d’équipement. Par exemple, l’éclatement de la gestion des transports collectifs entre régions, départements et communes complique le développement de l’intermodalité, dont on sait pourtant qu’elle en renforce l’attractivité. La transformation de l’offre de transports serait bien plus facile si cette responsabilité était répartie entre, par exemple, les régions – pour l’interurbain et les réseaux ruraux - et les intercommunalités – pour les transports de proximité.
Des schémas non opposables

Dans le même ordre d’idée, les régions élaborent, conformément à leurs compétences, des schémas d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDT), des schémas des infrastructures et des transports (SRIT), des schémas de développement économique (SRDE), des plans régionaux de qualité de l’air (PRQA), instruments qui pourraient, en fonction de leur contenu, contribuer à l’avènement d’une nouvelle dynamique territoriale plus soutenable. Mais ces politiques publiques perdent en efficacité car ces schémas ne sont, en général, pas opposables aux collectivités infra régionales. Il est, dès lors, difficile de concrétiser la mise en œuvre des orientations énoncées.

Alors que s’engage une réforme nécessaire de l’organisation territoriale, il est impératif de promouvoir, en matière d’aménagement, une forme de hiérarchie entre les échelles territoriales pour accélérer la mutation nécessaire. Il est regrettable que le Grenelle de l’environnement ait occulté cette problématique. Le gouvernement a profité de la faible mobilisation des élus locaux sur le sujet pour rogner, par différentes mesures, l’autonomie des collectivités territoriales.
Le nouveau rôle du Préfêt

L’article 23 de la loi Grenelle II prévoit l’adoption sous l’autorité du Préfet de Région d’un nouvel instrument : le schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie, dont on comprend qu’il pourrait être une forme d’officialisation du concept de plan climat. Cette proposition est préoccupante. On peut craindre, d’une part, que ce nouvel instrument empiète sur les dispositions des SRADDT et des SRIT, entre en compétition avec les PRQA ou en conflit avec les schémas éoliens dont certaines régions se sont dotées, mettant ainsi à mal les efforts de concertation et d’harmonisation des politiques publiques engagées par les régions. On doit redouter aussi une nouvelle complication puisque la loi ne précise nullement la hiérarchie qui devrait s’établir entre ce nouveau schéma et les actions qui seraient proposées par les collectivités du territoire concerné. La complication est d’autant plus à craindre que la même loi dans son article 26 impose à toutes les collectivités de plus de 50.000 habitants de se doter de Plan climat sans même évoquer la mise en cohérence de ces différents exercices sur un même territoire. Cet empilement de plan et de schéma

Si le gouvernement est aussi sérieux qu’il le prétend pour lutter contre le changement climatique, il est impératif que cette proposition soit singulièrement reformulée. Lors du Grenelle de l’environnement, l’Association des Régions de France avait timidement proposé que les régions soient « chef de file » pour l’élaboration des plans climat. Le débat parlementaire qui s’ouvre à l’automne doit permettre d’aller plus loin. Les régions devraient promouvoir l’idée d’un Plan régional énergie climat, obligatoire ET opposable. Ainsi les Plans Climat Energie Territoriaux qui seront adoptés par les collectivités infrarégionales, devront être élaborés en cohérence avec le plan régional préalablement arrêté. Il faudrait également que le Plan régional énergie climat, nécessairement construit en concertation avec les citoyens et les acteurs du territoire, soit adopté par la seule Assemblée régionale souveraine et responsable. Cette modification est indispensable à l’efficacité de la lutte contre le changement climatique. Elle est aussi nécessaire pour reprendre l’initiative sur la réforme de l’organisation territoriale, pour que cette réforme poursuive et améliore le processus de décentralisation et non l’affaiblisse, comme le fait aujourd’hui le gouvernement.

Bruno Rebelle


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Proche de Ségolène Royal, Bruno Rebelle a quitté le PS pour Europe écologie. Outre la prépondérance de la question écologique, l'alliance bénéficie selon lui d'une dynamique interne qui fait défaut aux socialistes et pourrait causer d'autres ralliements.

Marianne2.fr : Pourquoi avez-vous décidé de rejoindre Europe écologie ?

Bruno Rebelle : Ce qui me manquait vraiment quand j'étais au Parti socialiste, c'est qu'il n'arrive pas à comprendre que l'idée écologique ne peut pas être périphérique mais, au contraire, doit structurer le nouveau projet de société à construire. Malgré les mots qui peuvent être employés, ce concept n'est pas entré dans les têtes. Par ailleurs, je suis très intéressé par la dynamique d'intégration des personnalités associatives et intellectuelles dans le projet politique.

Les Verts incarnaient depuis longtemps l'écologie politique en France : jugez-vous que leur structure était insuffisante pour le faire ?
Quand les Verts ont abordé les différents scrutins, ils ont fait des scores honorables mais jamais au point de pouvoir constituer une alternative à gauche. Europe écologie a montré que, en s'y prenant autrement, c'était possible.

«Malgré les mots, le concept de l'écologie comme idée structurante d'un projet de société n'est pas rentré dans les têtes au PS.»

Tout le monde ne juge pas qu'Europe écologie est une formation « de gauche ». Martine Billard a quitté les Verts, jugeant que l'alliance des écologistes tirait son parti vers le centre et l'écartait de sa position traditionnelle dans la gauche radicale. Europe écologie se situe-t-il pour vous vraiment dans la gauche ?

La seule chose qui m'intéresse en politique est de faire vivre une force politique à gauche. Europe écologie couvre plutôt un spectre allant du centre gauche à la gauche gouvernementale et cela dans une volonté délibérée de pouvoir participer aux affaires. Quand on fait converger les enjeux environnementaux, sociaux et économiques d'une telle idée, qu'on le veuille ou non, on est face à une vraie pensée de gauche.

Christiane Taubira envisagerait également de rejoindre Europe écologie. Pensez-vous que d'autres personnalités de gauche puissent vous suivre et rejoindre l'alliance écologiste ?

Toutes les conditions sont réunies pour : il y a un malaise profond et une attente de renouvellement politique à laquelle le PS est totalement incapable de répondre. En face de ça, il y a une forme politique nouvelle dans sa structure et qui met au centre du débat de nouveaux enjeux...

«Europe écologie ne doit pas devenir le bras armé des Verts.»

Je pense qu'Europe écologie est à même de séduire beaucoup de monde. Au sein du PS, même si je sais que cela représente une fraction réduite, de nombreux membres du pôle écologique considèrent qu'ils perdent leur temps.

Que manque-t-il selon vous à Europe écologie, dans la perspective des élections régionales de 2010 ?
Il ne manque pas grand chose : la dynamique du rassemblement continue de se renforcer et renouvelle vraiment la façon de faire de la politique. Or, ce qui risque de faire défaut assez vite, c'est une forme de structure qui puisse faire vivre d'un côté la dynamique de parti traditionnel des Verts et de l'autre l'apport de la société civile. Il va falloir être fin dans les réglages pour que cette organisation, quelle qu'elle soit, ne transforme pas Europe écologie en une sorte de bras armé des Verts.

La formation a pour l'instant comme seules incarnations Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly. Pensez-vous que ces personnalités pourraient continuer d'être l'image d'Europe écologie ?
Je ne sais pas si Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly peuvent remplir cette fonction mais je pense effectivement qu'il est nécessaire d'incarner le mouvement.

«Daniel Cohn-Bendit est bien placé pour continuer d'incarner le mouvement.»

De ce point de vue, Daniel Cohn-Bendit est bien placé pour jouer ce rôle car il a su rassembler les électeurs, d'une part, et les personnalités d'autre part, notamment celles venues de la société civile comme Jean-Claude Besset, Yannick Jadot, etc. Quel que soit le visage de ce nouveau mouvement, il devra pouvoir continuer de rallier des personnalités politiques connues et de nouvelles têtes issues de la société civile.



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Billets / Tribunes

| Mardi 28 Juillet 2009 à 15:12 | 0 commentaire
Chers amis d’Europe Écologie,

Je ne suis pas avec vous ce soir, j’en suis désolé mais des contraintes me retiennent en dehors de Paris. Je voudrais en quelques mots vous dire pourquoi j’aurais aimé être à vos côtés ce soir et surtout pourquoi vous pourrez me comptez à vos côtés demain. J’ai fait le pas. J’ai décidé de quitter le PS pour rejoindre la dynamique d’Europe Écologie, parce qu’il n’y a, à mon humble avis, plus rien à espérer du Parti Socialiste français de 2009.

J’étais un militant associatif de longue date : 15 ans dans la solidarité internationale en temps que fondateur puis directeur de Vétérinaires Sans Frontières – ONG travaillant au côté des éleveurs et des agriculteurs de nombreux pays en développement ; puis 10 ans avec Greenpeace – comme directeur de Greenpeace France avant de rejoindre Greenpeace International en charge de la coordination des programmes de l’organisation dans le monde entier. Il me semblait logique après cette phase d’engagement dans la société civile « d’entrer en politique », pour reprendre l’expression consacrée. Je l’ai fait en rejoignant l’équipe de campagne de Ségolène Royal parce que j’avais perçu dans le discours de la candidate socialiste une sensibilité aux enjeux écologiques qu’il me semblait possible de conforter et de faire grandir. La campagne présidentielle a permis, il faut le reconnaître, de faire progresser le débat écologique au sein de la société française. Je crois pouvoir dire que mon implication au coté de la candidate du PS a consolidé ses positions sur le sujet et – par ricochet – fait un peu progresser le PS.

Au delà de la campagne, j’ai essayé de m’impliquer pour continuer à faire reconnaître la nécessité de placer l’écologie non plus en périphérie du projet politique mais au cœur de ce nouveau projet de société à construire. Ainsi, j’ai contribué à l’animation du pôle écologique du PS, nous avons proposé des amendements à la déclaration de principe pour y introduire la priorité à donner au développement durable, nous avons stimulé la réflexion pour qu’enfin ce parti se prononce en faveur d’une contribution énergie climat que l’on ose pas encore appeler « taxe énergie carbone »… Mais ces efforts n’ont eu qu’une influence négligeable. Mon cher Gaby, j’avais participé à ton invitation à la rencontre dénommée « Horizon Écologie » le 30 juin 2007 où l’on a beaucoup débattu de l’avenir de l’écologie politique à gauche. J’avais déclaré à cette occasion que « les tenants d’une rénovation des Verts devaient prendre en compte le fait que le PS ne délèguerait plus la question écologique à une autre composante politique, que l’écologie allait prendre sa place au cœur du projet socialiste ». Je dois bien avouer que je me suis planté, et bien planté. Si quelques ténors du parti ont attrapé les mots « écologie », « développement durable » ou « environnement » ils n’en n’ont saisi ni l’importance ni même la substance… Il y a bien sur quelques exceptions, des parlementaires qui s’engagent sérieusement comme Jean Launay ou Philippe Tourtelier, et des responsables locaux qui continuent à y croire. Mais la répétition des discours creux sur le sujet, le silence du PS à chaque fois qu’une question écologique importante fait la une des médias est tout simplement atterrant. Les déclarations affligeantes de la première secrétaire qui voit dans l’impératif écologique le risque d’un « néo-naturalisme qui refuserait l’innovation, la création (…) et qui se replierait sur des tribus, des communautés » traduit trop bien le refus du parti « de dépasser son ancrage historique dans le productivisme, parce qu’il faut bien produire des richesses pour pouvoir les partager », comme l’a déclaré récemment un sénateur PS dont j’ai préféré oublié le nom. Je ne crois donc plus à la capacité du PS d’évoluer sur le sujet dans des délais compatibles avec la nécessaire résolution de la crise majeure que nous traversons : crise climatique, énergétique, sociale et économique, qui trouve ses racines dans une crise plus profonde encore de notre rapport à notre environnement – au sens large du terme - et plus généralement une crise du sens que nous imprimons à la marche de notre société. Je ne veux plus non plus être considéré comme « camarade » de ce parti socialiste qui perpétue des pratiques politiques qu’on pensait d’un autre âge, pratiques selon lesquelles la principale attention d’un militant doit être de s’assurer d’être dans la bonne écurie pour espérer un jour avoir un strapontin ici ou là, pratiques qui imposent de nommer à des postes clefs des gens qui n’y connaissent pas grand chose, au cas où ils pourraient dire des choses plus intelligentes que le chef du chef, pratiques qui consistent à appeler à pus de cohésion et de retenu en insultant ses opposants internes par voies de presse… pratiques qui conduisent au nivellement par le bas. A un peu plus de 50 ans je n’ai plus le goût de perdre du temps. Adieu Solférino ! Europe Écologie m’attire pour quatre raisons simples :

- C’est la seule formation politique qui a vraiment mis l’impératif écologique au même niveau d’importance que la question sociale car il est évident que ces deux enjeux doivent être traités de front et de manière synergique. Certes il reste beaucoup à faire pour mettre plus de substance dans le projet mais la dynamique est là.
- C’est la seule formation qui pendant la campagne des Européennes a su, sans gommer la rudesse de la crise et la violence de son impact sur les plus démunis, laisser penser qu’un avenir « positif » était possible, qui a su laisser entrevoir le rêve qu’un monde effectivement meilleur était à portée de main.
- C’est la seule formation qui a parlé vraiment du sujet : l’Europe que nous voulons.
- C’est enfin une formation qui a su dépasser la forme traditionnelle du « parti politique » en proposant une ouverture intelligente à différentes composantes de la société civile.

Ceci étant dit beaucoup reste à faire. L’enjeu principal est, me semble-t-il, de préserver ces quatre caractéristiques (et certainement d’autres que je n’aurais pas repérées). C’est à ce challenge que je souhaite participer. Je suis particulièrement intéresser pour contribuer à faire vivre cet OPNI - Objet politique non identifié que constitue le mouvement Europe Écologie qui certes s’appuie sur les Verts mais dépasse ce parti et devrait normalement s’enrichir de ce dépassement. Il sera difficile de faire vivre cette composante de la société civile en préservant l’idée d’une ouverture permanente qui ne peut être ni auberge espagnole ni gare de triage… Je peux, je crois, contribuer au renforcement de la dynamique de ce mouvement par quelques apports spécifiques. Mon expérience des participations militantes, associatives, et de la gestion des organisations sans but lucratif. Ma connaissance des questions écologiques et ma lecture des enjeux, des tensions et des rapports de forces autour de ces questions, le tout forgé par 10 années d’engagement au sein de Greenpeace, et bientôt trois années de pratiques professionnelles du conseil en stratégie et ingénierie du développement durable auprès d’entreprises et de collectivités locales. Une bonne connaissance également des enjeux internationaux en matière de développement, de solidarité et de prise en compte de la crise écologique globale. Et puis à la veille des élections régionale je peux également vous offrir une certaine compréhension du rôle des Régions, pour travailler actuellement auprès de certaines régions en Picardie, en Rhône Alpes, en Franche Comté, pour avoir travailler de près avec l’Association des Régions de France autour du Grenelle de l’environnement, pour l’élaboration d’un premier livre blanc du développement durable dans les régions et pour l’organisation des 5e Assises du développement durable en janvier 2009. Concernant les régionales il me semble intéressant de travailler sur l’idée que le territoire régional est probablement le bon espace pour promouvoir un développement authentiquement durable ou soutenable – ni trop vaste, permettant donc de préserver une certaine proximité entre élus et citoyens ; ni trop restreint et autorisant donc le développement de dynamiques qui peuvent faire « masse critique » et générer ainsi des transformations à l’échelle nationale et européenne. Si nous arrivons au cours de la campagne à faire entendre que cette échelle territoriale est un espace essentiel de la construction d’une Europe plus responsable et plus solidaire, alors nous aurons pris une longueur d’avance. Et si nous devons nous attacher à associer le plus largement possible les citoyens et les collectivités infra régionales à la définition des priorités de ce que peut être leur projet régional, nous devons aussi penser ce qui dans les politiques nationale et européenne devra évoluer pour que ces territoires soient effectivement le creuset de nouvelles dynamiques politiques plus responsables et plus solidaires. Ceci imposera de parler de réforme de la fiscalité locale, de réforme des institutions locales, de réorganisation de la relation entre Etat et collectivités locales… Je ne peux résister ici au fait de souligner la déception de voir qu’en étant aux commandes de 20 régions sur 22, le PS a été incapable d’utiliser cette présence territoriale pour questionner, voire bousculer, les politiques nationales. Il est sans nul doute possible de faire mieux, beaucoup mieux que cela... Voilà, sans être là je suis avec vous et je vous apporte mon énergie pour contribuer à construire une forme politique nouvelle pour alimenter un projet nouveau, un projet nécessairement solidaire, un projet impérativement écologique mais surtout un projet qui nous fasse aimer l’avenir.

Bruno Rebelle, candidat à rien mais prêt à tout (ou presque !)


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