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"Face aux crises, une solution : la conversion écologique et sociale de notre société"
La grande distribution doit se comporter en acteur responsable et respectueux de ses partenaires !
A l’issue d’une session de travail avec des acteurs du secteur agro alimentaire (produits laitiers, transformation de viande, légumes frais préparés) pour, entre autre chose, identifier des leviers de changements en faveur de pratiques plus durables, j’ai du mal a contenir ma colère.

Tous les acteurs du secteur, des plus proactifs en matière de développement durable aux moins ambitieux, tous sans exception pointent du doigt la grande distribution comme étant la principale contrainte à l’évolution des pratiques. La situation est même bien pire : on a bien l’impression que les distributeurs font tout pour étrangler les producteurs et les transformateurs. Les Carrefour, Auchan et autre Leclerc imposent des prix d’achat sans commune mesure avec la réalité des coûts de production.

Le prix du lait a augmenté pour soutenir des producteurs dont les revenus s’étaient effondrés l’an dernier ; le prix de l’énergie continue lui aussi de grimper, qu’importe les acheteurs de la grande distribution imposent un nouvelle fois des baisses de tarif aux producteurs de yaourts, prétextant, sans rire, que ces industriels n’ont qu’à se débrouiller avec leurs coût de production !

Peu importe les aléas climatiques qui pèsent sur les productions de fruits et légumes : les hypermarchés veulent faire des promotions, ils tirent donc les prix vers le bas. Et il n’y a guère d’alternative pour les producteurs que de passer sous les fourches caudines des services achats de la grande distribution. La moindre contestation se traduirait en effet par un déréférencement immédiat et une perte sèche pour le fournisseur qui perdrait ainsi son principal débouché commercial.
Le gouvernement nous avait pourtant expliqué que la fameuse loi de modernisation de l’économie – la LME - votée au printemps allait révolutionner tout cela… Il n’en est rien. Les règles du jeu commercial sont fondamentalement pipées. Les 4 ou 5 centrales d’achat tenus par les distributeurs imposent leurs prix d’achat et leurs règles d’organisation de la relation commerciale : délais de livraison extrêmement courts imposant une organisation logistique multipliant les transports de marchandises ; pratiques plus que douteuses pour mettre en avant tel ou tel produits dans les rayons conditionnement ainsi l’écoulement ; refus de lot pour des motivations rarement objectives… On en vient à donner raison à ce député de la majorité présidentielle qui nous dit avoir « presque voté contre » cette loi qui, selon lui aurait du s’appeler loi MEL – en référence à Michel Edouard Leclerc – plutôt que loi LME…

Mais surtout, comment accepter que ces grandes enseignes nous rebattent les oreilles en mettant en avant leurs engagements pour le développement durable entre sacs de courses réutilisables et économies d’énergies dans leurs magasins, quand ils méprisent à considérer les deux principaux leviers qui permettraient d’encourager des mutations profondes des filières de production et de transformation : la garantie d’un prix offrant une marge raisonnable à ces fournisseurs et une visibilité sur le moyen et le long terme pour accompagner ceux qui souhaitent se doter de modes de production plus responsables.

Alors basta des slogans tapageurs. Cessez donc d’inviter au « consommer mieux » ! Messieurs de la grande distribution commencez par vous comportez en acteurs responsables et en commerçants respectueux de vos partenaires. Nous pourrons alors commencer à parler de pratiques soutenables.

Bruno Rebelle

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