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 <title>Le Blog de Bruno Rebelle</title>
 <subtitle><![CDATA[Le Blog de M. Bruno Rebelle, Directeur de Transitions, agence conseil en développement durable Ancien responsable de Greenpeace en France et à l'international]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-13T02:39:04+02:00</updated>
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   <title>Ma lettre à Elise</title>
   <updated>2017-01-24T18:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/Ma-lettre-a-Elise_a93.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
   <published>2017-01-24T21:00:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Réaction de Bruno Rebelle après la diffusion du magazine Cash Investigation du 24 janvier 2017     <div>
      Chère Elise,        <br />
       Je me dois de rectifier quelques contres vérités que vous avez soulevées dans votre reportage du mardi 24 janvier. Vous affirmez que j’ai refusé de répondre à vos questions. Ceci est faux : vous souhaitiez m’interviewer en tant que porte-parole d’APP or je ne suis ni le porte-parole d’APP, ni celui d’aucun de nos autres clients et je n’ai aucune légitimité ni aucun mandat pour répondre à ce titre.         <br />
       En revanche, vous oubliez de préciser que j'ai échangé à différentes reprises avec votre collaboratrice Marie Maurice, reçue dans nos bureaux le 25 janvier 2016*, pour lui présenter les éléments de contexte indonésiens et pour lui exposer les contours de la mission de conseil que nous assurons auprès d’APP. Vous semblez aussi oublier que nous vous avons invitée dans nos locaux, le 20 septembre 2016*, pour une interview que vous avez finalement annulée.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je l’admets les images choc de votre irruption particulièrement brutale, le 5 septembre, à Convergences, sont nettement plus génératrices d’audience qu’une interview classique dans nos locaux. Ce jour là, vous avez perturbé un atelier de travail multi-acteurs dont l’objectif était de rechercher des solutions concrètes pour limiter la déforestation, notamment en Indonésie. Nous vous avons d’ailleurs invitée à assister à ces échanges très constructifs mais je constate que votre métier ne consiste ni à comprendre la complexité des situations, ni à faire avancer les problématiques sociales ou environnementales.        <br />
       A l’occasion de votre interpellation à Convergences, nous avions convenu d’une rencontre, plus au calme, dans nos bureaux, le 20 septembre. Nous avions aussi convenu que vous deviez nous faire passer les 10 demandes d’interview que vous nous aviez, soi-disant, envoyées. Là aussi vous avez dû oublier, car nous n’avons jamais rien reçu. Surtout, j’ai été très surpris que vous refusiez cette interview lorsque je vous ai précisé que par souci de transparence, nous avions fait appel à un Journaliste Reporter d’Images détenteur d’une carte de presse pour filmer l’intégralité de l’interview afin de nous protéger d’éventuels raccourcis que vous auriez pu faire au montage de cet interview. Vos méthodes d’investigation souffriraient-elles d’un manque de transparence ?         <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Votre reportage questionne l’intégrité de l’ancien dirigeant de Greenpeace que je suis. Sachez que j’assume parfaitement, après avoir occupé des responsabilités importantes dans cette grande organisation de défense de l’environnement, le fait de conseiller aujourd'hui des entreprises ou des territoires qui font le choix de transformer leurs pratiques pour réduire leur impact sur l’environnement.  J’ai ainsi, la « prétention » de poursuivre la même démarche de stimulation et d’accompagnement du changement. Je le fais aujourd’hui depuis ma position de « conseiller » et je ne vois vraiment pas en quoi cette pratique est critiquable.       <br />
       Vous laissez entendre, chère Elise, que, ce faisant, je serais un instrument de Greenwashing. Je vous mets au défit, de démontrer cette accusation. Je n’embellis aucune situation et ne masque aucune difficulté. Oui, j’assume de conseiller des entreprises qui ont des pratiques à améliorer, un héritage à compenser, une confiance à restaurer. Vous admettrez que cela est à la fois plus difficile mais aussi potentiellement plus efficace que de se contenter de dénoncer des faits regrettables ici ou là, ou de souligner des gestes merveilleux mais dont la marginalité n’est malheureusement pas à la hauteur des transformations qu’il faut opérer dans le monde.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Effectivement, le conseiller que je suis prend le risque de voir son client échouer dans sa volonté de transformation. Sauf à faire la preuve de cet échec, vos accusations à mon égard sont malvenues, infondées et surtout fort peu intéressantes pour la cause que vous annoncez vouloir défendre. Je prends aussi le risque que mon travail de conseil fasse aboutir les transformations souhaitées, et qui, portées par une entreprise ayant une capacité d’action très conséquente entrainera des changements de fond très importants dans l’ensemble de son secteur d’activité, dans son pays et sur les marchés internationaux.       <br />
       Je regrette que vous n’ayez pas pris le temps de rencontrer les dirigeants de Greenpeace en Indonésie qui depuis 2013, accompagnent APP dans la mise en œuvre de sa politique de protection et de restauration des forêts. Greenpeace vous aurait alors informée qu’il suspendait toute collaboration avec un autre acteur indonésien, APRIL concurrent direct d'APP, du fait que cette autre entreprise manque à ses engagements. Greenpeace Indonésie vous aurait également informée que ses représentants participent tous les mois aux réunions de pilotage du programme de terrain que met en œuvre APP. (La dernière réunion entre APP et Greenpeace a eu lieu de 17 janvier dernier).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je regrette enfin, que vous n’ayez su traiter le sujet complexe qu’est la déforestation en Indonésie. Près de deux ans après les feux de 2015 vous concentrez vos attaques sur un seul acteur, sans même faire état des évolutions de ses pratiques en matière de prévention de ces feux ou de restauration des tourbières. Surtout, vous simplifiez à l’excès un sujet complexe : vous ne parlez pas de l’huile de palme, des agro-carburants, du secteur minier, de la production d'hévéa, du programme gouvernemental de transmigration, des 15 millions de petits producteurs indépendants représentant plus de 40% de la production de palme, qui chaque année utilisent la technique du brûlis pour augmenter les surfaces cultivées. Cette partialité et ces simplifications ne servent pas la cause que je continue à défendre avec mon équipe : la promotion de changements structurels pour une protection durable des forêts en Indonésie et dans le reste du monde.        <br />
       Le fait est que cette complexité ne tient pas dans un format de 52 minutes et n’est pas compatible avec votre course à l’audience. Je vous laisse méditer sur cette citation d’Alexis de Tocqueville  particulièrement à propos : &quot;Une idée fausse mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe&quot; (extrait de « La démocratie en Amérique »).       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle, directeur de Transitions.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Bataille se trompe de combat !</title>
   <updated>2013-08-07T09:23:00+02:00</updated>
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   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-08-07T09:13:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un entretien au Figaro donné le 3 août, le député socialiste Christian Bataille en proposant de « remettre les écologistes à leur juste place », lance une nouvelle charge contre les défenseurs de l’environnement en général et les Verts en particulier. Je laisse le soin aux dirigeants de EELV de commenter les propos tenus par Monsieur Bataille contestant les choix du Président de la République de maintenir les équilibres politiques au sein de sa majorité. Mais je ne résiste pas à l’envie de rappeler à cher Christian qu’il se trompe bataille.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5752590-8576745.jpg?v=1375859938" alt="Bataille se trompe de combat !" title="Bataille se trompe de combat !" />
     </div>
     <div>
      Depuis le Rapport Meadow, en 1972 tout de même, de nombreux observateurs s’interrogent sur les limites d’une croissance économique érigée en modèle structurant la société. Depuis la présentation en 1987  par Madame Gro Harlem Brundtland du célèbre rapport « Notre futur commun » le concept de développement durable a fait son chemin. Plus récemment le Grenelle environnement porté par le gouvernement Fillon a mis en évidence l’intérêt de relancer la croissance verte… Enfin, le Président François Hollande, a été élu en mettant en avant l’importance de conduire une transition écologique et sociale comme piste d’une sortie de crise. Que faut il de plus à Monsieur Bataille pour comprendre que le monde a changé et les ressorts anciens du dogme socialiste – produire des richesses pour les redistribuer – ne fonctionnent plus tout a fait comme hier… ?       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5752590-8576746.jpg?v=1375859916" alt="Bataille se trompe de combat !" title="Bataille se trompe de combat !" />
     </div>
     <div>
      Nous ne saurions trop lui conseiller de lire avec attention l’analyse toute récente faite par la nouvelle responsable de l'environnement aux Etats-Unis qui souligne que la prise en compte de l'environnement est bénéfique à l'économie et à la création d'emplois. Cette analyse est le fruit de décennies d'expérience dans ce grand pays. Gina McCarthy, nouvelle administratrice de l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA),  dans son premier grand discours prononcé à Harvard estime que ces constats devraient mettre fin au &quot; faux dilemme &quot; qui tendait à affirmer que la protection de l'environnement entravait la croissance économique.       <br />
       La haute autorité américaine souligne par exemple l’effet bénéfique sur l’activité du secteur automobile qu’ont eu les normes plus strictes de consommation de carburant imposées par le gouvernement Obama en 2011. La contrainte aura eu pour effet la mise sur le marché de véhicules moins émetteurs et plus économes, redynamisant les ventes de voitures.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Dans un domaine un peu différent, l'EPA souligne l’intérêt des mesures prises pour réduire la pollution par le mercure, les particules fines, les suies, le dioxyde de soufre et d'autres substances toxiques pour contribuer à la rédaction des dépenses de santé et stimuler l’innovation notamment dans le domaine des énergies renouvelables. L’institution met en parallèle la réduction de 70 % ces émissions des polluants courants par rapport à 1970, et le taux de croissance de 200 % de l’économie nationale sur la même période. Dont acte.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Alors que la plupart des entreprises ont cessé d'opposer environnement et performance économique, alors que les principaux syndicats n'opposent plus, depuis plusieurs années, préservation de l'emploi et prise en compte des enjeux écologiques, il serait temps que le Parti Socialiste explique à ses ténors – dont Christian Bataille est un noble représentant – que l’avenir est aux technologies propres, aux pratiques respectueuses de l’environnement, aux dépenses de réparation évitées, à l’exploitation des ressources renouvelables… et que le socialisme sera écologiste ou ne sera pas ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Entreprises de l'énergie: transition impossible?</title>
   <updated>2013-04-22T11:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/Entreprises-de-l-energie-transition-impossible_a86.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-04-21T20:17:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec l’avancée du débat les positions des différentes familles d’acteurs s’affirment. On aurait pu penser que ces acteurs rivaliseraient de créativité pour proposer les solutions les plus adaptées à la couverture des besoins maîtrisés d’une société répondant enfin avec la rigueur nécessaire à l’impératif climatique. On aurait pu penser aussi que tous avaient compris et admis que notre politique énergétique devait évoluer : nécessité de réduction des émissions de gaz à effet de serre, augmentation régulière des prix de l’énergie, précarité énergétique préoccupante d’une part trop importante de la population, vieillissement de certaines installations de production, besoin de compétitivité et de création d’emplois,… pour ne citer que les principales raisons de cette transition. Qu’elle ne fut pas ma surprise à la lecture des premières propositions que le Groupe de contact des entreprises de l’énergie souhaite verser au débat. Au delà de l’ambition du titre : « Produire en France pour réussir la transition » ces propositions laissent pantois… La transition serait-elle impossible pour les entreprises ?     <div>
      La première faiblesse de ce texte tient à la priorité donnée à l’amélioration de la compétitivité des entreprises sans aucune considération pour les enjeux climatiques. Ce raisonnement est illogique voire irresponsable. Il feint d’ignorer que des entreprises, mêmes prospères, n’auront aucun avenir, si on laisse se dégrader les conditions écologiques planétaires… 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je ne reproche pas aux entreprises de plaider pour la compétitivité. Je pointe le fait qu’il est regrettable de ne pas considérer l’impératif climatique comme un enjeu déterminant le futur des activités humaines. Il me semble plus stratégique de placer la compétitivité, non pas avant ou après le changement climatique, mais « à l’intérieur » de cette réalité. Surtout le raisonnement du Groupe de contact des entreprises de l’énergie refuse d’explorer les pistes d’une compétitivité nouvelle qui reposerait, non sur l’aménagement à la marge du système actuel, mais sur les mutations profondes d’un modèle énergétique pour entrer enfin dans une économie plus respectueuse des enjeux écologiques de moyen et de long terme. Tout se passe comme si les représentants des entreprises refusaient de reconnaître les intelligences disponibles, les innovations en cours et les propositions construites de plusieurs experts qui démontrent qu’il est possible de créer de la richesse et de l’emploi en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Déjà fin 2011, Christian de Perthuis, économiste reconnu, soulignait, dans le rapport Trajectoires 2020-2050 demandé par le gouvernement Fillon, l'impact positif pour l'emploi d'une réduction des émissions de CO2 de 30 % d'ici 2020, en comparaison des 20% correspondant aux engagements européens. Le quotidien La Tribune (6.11.2011) allait même jusqu’à écrire qu’il y avait là « une idée suffisamment subversive pour que sa publication ait été bloquée. » Plus récemment, les experts du CIRED sont venus rappeler que le scénario Négawatt permettrait de créer plus de 600.000 emplois d’ici 2030. Soyons certains que si les cerveaux du MEDEF, de l’UFE, de l’AFGaz et de l’UFIP s’organisaient pour penser dans ce sens – en intégrant la réduction des gaz à effet de serre comme contrainte structurante – ils proposeraient rapidement des pistes toutes plus innovantes les unes que les autres, au service de la compétitivité ET du climat.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La deuxième faiblesse des propositions des entreprises est de rien proposer d’autres que la préservation des « filières matures de production d’énergie qui surtout ne doivent pas être déstabilisées ». Le Groupe de contact des entreprises de l’énergie pousse l’ironie à argumenter cette nécessité de préserver les filières existantes au motif qu’elles « ont un rôle pivot dans la transition». C’est un peu comme si l’on proposait le changement en précisant qu’il ne faut rien changer pour justement pouvoir changer… plus tard ! Le texte précise que le parc nucléaire est un atout fondamental et que sa « prolongation durable » (SIC !) doit être recherchée… que le gaz étant une bonne énergie de complément, il convient d’évaluer le potentiel français de gaz de schiste… et qu’enfin « le pétrole restera durablement incontournable dans le transport ». Donc, on garde le nucléaire, le pétrole on rajoute du gaz de schiste, on développe (un peu) les renouvelables et voilà la proposition d’une transition immobile !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Rappelons ici que le terme même de « transition » signifie « passage d’un état à un autre ». L’état que nous voulons quitter est celui d’une politique énergétique insatisfaisante parce que sans avenir. Cette politique repose essentiellement sur le pétrole, le gaz et l’uranium, toutes matières importées au dépend de notre balance commerciale. La politique vers laquelle  nous voulons aller, met en avant la réduction impérative de nos consommations énergétiques – tous domaines confondus – pour avoir quelque chance d’atteindre le Facteur 4 en 2050 (voir ma tribune précédente Débat énergie : il y a de l’électricité dans l’air !). Elle propose ensuite de couvrir nos besoins maîtrisés en développant toutes les solutions renouvelables qui par nature sont des solutions vraiment durables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5438082-8112576.jpg?v=1366578752" alt="Entreprises de l'énergie: transition impossible?" title="Entreprises de l'énergie: transition impossible?" />
     </div>
     <div>
      Si le Groupe de contact des entreprises de l’énergie propose de concentrer la politique de maîtrise de la demande sur la rénovation du bâtiment et de continuer à encourager les progrès d’efficacité dans l’industrie et les transports, ces remarques sonnent creux quand elles passent après la priorité que ce groupe d’entreprises veut donner à la compétitivité de l’offre énergétique sans rien changer ou si peu au bouquet existant. L’audition du Président d’EDF, Henri Proglio, le 18 avril est venue rappeler l’état d’esprit avec lequel le management de cette grande entreprise aborde la transition énergétique. Questionné sur le coût de la prolongation du parc nucléaire, Monsieur Proglio n’a pas daigné imaginer que le débat national puisse proposer qu’une part des 100 à 120 milliards – ce sont ses propres chiffres – qu’il faudra investir dans les 20 prochaines années pour mettre à niveau le parc de production d’électricité, soit affectée à autre chose qu’à la prolongation des centrales nucléaires…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En fait, ces acteurs économiques se déclarent en faveur de la transition énergétique... surtout quand cette transition ne remet pas en cause le système actuel ! Il va bien falloir pourtant que nous changions la donne… La bonne nouvelle pourrait – peut-être - venir de certaines entreprises qui commencent à comprendre que cette transition vue par les uns comme une contrainte pourrait bien devenir une opportunité. Ecoutons et accompagnons donc celles-là… et laissons les dinosaures sur le bord de la route !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Transition énergétique : L’incontournable participation de  la société civile</title>
   <updated>2013-04-08T08:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/Transition-energetique-L-incontournable-participation-de-la-societe-civile_a84.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-04-08T08:48:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le débat sur la transition énergétique est une occasion unique de repenser les fondements de notre politique énergétique. Il est aussi une opportunité pour que chacun comprenne que les politiques publiques sont des choses trop importantes pour en laisser la responsabilité aux politiques ! La paraphrase peut paraître aisée, elle n’en n’est pas moins pertinente. Tout le monde s’accorde sur la nécessité de faire évoluer notre rapport à l’énergie, mais les décideurs considèrent encore trop souvent que cette question n’est pas du ressort des citoyens. Le sujet serait trop compliqué pour eux ! Nous considérons à l’inverse qu’il est indispensable que tous les acteurs de la société se saisissent de ces enjeux et contribuent, chacun à leur niveau, à la définition et à la mise en œuvre d’une nouvelle politique énergétique qui permettra de répondre aux questions auxquelles nous sommes confrontés.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5395140-8049154.jpg?v=1365404240" alt="Transition énergétique : L’incontournable participation de  la société civile" title="Transition énergétique : L’incontournable participation de  la société civile" />
     </div>
     <div>
      L’impératif climatique s’est progressivement imposé comme une contrainte incontournable : nous devons diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre avant 2050. Il en va de la pérennité de l’humanité. Les transformations qui seront nécessaires pour atteindre cet objectif sont telles que nous ne pourrons réussir que dans un vaste mouvement d’engagement collectif. Dans le même temps, les ressources énergétiques les plus couramment utilisées – pétrole et gaz - que l’on pensait abondantes et peu chères, s’épuisent et leur prix s’envole tirant la facture énergétique des entreprises et des ménages vers le haut. Cette incidence directe sur notre pouvoir d’achat et la compétitivité de nos entreprises – donc de nos emplois – est une motivation supplémentaire pour que chacun contribue à repenser l’avenir de notre société et le rapport à l’énergie autour duquel elle se construira.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La politique énergétique impulsée après la 2ème guerre mondiale, sans aucune concertation des acteurs de la société, montre aujourd’hui ses limites. La priorité donnée à la production électronucléaire nécessitait, du fait des capitaux mobilisés et par la nature même de la technologie choisie, un appareil de production strictement contrôlé par une autorité centrale, tenant les citoyens à distance. Elle a conduit à favoriser la consommation d’électricité produite en abondance pour des usages inappropriés, comme le chauffage domestique. Cette quasi-exclusivité donnée à l’atome a également stérilisé les hypothèses de diversification de l’offre énergétique, en même temps qu’elle a découragé les efforts pour réduire la consommation d’énergie dans le bâti ou les transports. Enfin, et c’est probablement le problème le plus aigüe que nous aurons à traiter dans les prochaines années, nos centrales ayant été mises en service sur une période courte – une vingtaine d’année –, elles arrivent au terme de leur durée de vie initialement programmée dans un espace temps également limité, imposant de fait un « mur d’investissement » pour leur remplacement – quelles que soient les options retenues pour ce remplacement. L’investissement pour la prolongation de leur durée d’exploitation de 10 – peut-être 20 ans-, est moins important mais il ne fait que retarder l’échéance du remplacement. On comprend aisément que dans le contexte actuel de crise économique il nous sera difficile d’affronter ce mur d’investissement. On comprend surtout qu’il sera nécessaire de construire un large consensus dans la société pour définir les options sur lesquelles nous devrons investir nos ressources collectives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La 1ère des orientations à privilégier pour traiter l’équation énergétique consiste à réduire fortement nos besoins en énergie. En effet, il sera plus facile de restructurer la couverture de besoins diminués de 20, 30 voire 50%. Notons au passage qu’en réduisant la consommation énergétique nationale de 30% nous réduirons d’autant nos importations, améliorant ainsi de quelques 20 milliards d’Euros la balance commerciale : un choc de compétitivité à la Gallois chaque année ! Et surtout des ressources additionnelles pour financer la transition ! L’enjeu n’est pas mince.        <br />
       Nous savons aujourd’hui que les principaux gisements d’économie d’énergie se situent dans le bâtiment et les transports. Mais nous savons aussi que pour aller au delà de 20% d’économie d’énergie en 2030, pour atteindre le facteur 4 en 2050, nous devrons repenser fondamentalement nos modes de vie, notre mobilité, notre consommation de biens et de services. Les besoins en énergie d’une société donnant la priorité à la sobriété et à l’efficacité, doivent être pensés, non pas en quantité d’énergie à consommer, mais en qualité de services énergétiques nécessaires au mode de vie que nous souhaitons pour nos enfants et nos petits enfants dans une société durablement réconciliée avec son environnement. Nous touchons ici la première raison d’associer tous les acteurs de la société civile à l’élaboration d’une politique ambitieuse d’économie d’énergie. Ce sont les citoyens et les associations dans lesquelles ils se regroupent qui pourront dessiner les contours de ces nouveaux modes de vies. C’est dans le dialogue et la concertation que nous verrons émerger les arbitrages entre ce qui relèvera de l’incitation et ce qui devra être imposé par la contrainte. L’exemple, très concret, de la limitation de l’usage de la voiture particulière dans les centres de ville par l’instauration d’un péage urbain, n’est que la préfiguration de ces arbitrages collectifs que nous devrons construire avec un maximum de sérénité.       <br />
       Le débat national sur la transition énergétique, dont les délais sont trop courts, ne permettra pas d’aborder tous les arbitrages nécessaires ou souhaitables. Pour autant, on peut penser que la société civile puisse, à cette occasion, se mettre en mouvement pour porter au débat, maintenant et plus tard, les sujets qui devront faire l’objet de ces arbitrages… les citoyens décidant ensemble du futur qu’ils souhaitent, plutôt que se voir imposer des décisions autoritaires traduisant la nécessité d’économies collectives.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La modification du bouquet énergétique est le 2ème grand levier de la transition énergétique : réduction des combustibles fossiles et du nucléaire, et développement massif des énergies renouvelables. Ce développement devra se faire en 3D : diversification, déconcentration et décentralisation. 	       <br />
       Diversification, car il nous faudra mobiliser toutes les solutions possibles sans exclusive pour répondre aux trois grands domaines d’usages ou de services énergétique dont nous avons besoin : chaleur (domestique et industrielles), mobilité et électricité spécifique. On ne peut réduire, comme cela est trop souvent le cas, l’avenir de la politique énergétique à une alternative entre éolien et nucléaire… La résilience de notre politique énergétique dépendra de la multiplicité des options mobilisées pour éviter de n’être dépendant d’aucune en particulier. Il nous faut donc penser solaire thermique et photovoltaïque, géothermie profonde, récupération de la chaleur des réseaux d’eaux usées, éolien terrestre et off shore, biomasse, énergies marines, micro-éoliennes intégrées au bâti, micro-hydraulique… 	       <br />
       Déconcentration parce que nous devrons enfin admettre que la production d’énergie (notamment d’électricité) à partir de sources multiples de potentiel unitaire réduit, est aussi intéressante que la production permise par de grosses unités en nombre limité. Si en terme purement mathématique 100 fois 10 égale 10 fois 100, un système énergétique dépendant de 100 sources de diverses natures sera probablement plus solide, plus résistant, plus résilient.	       <br />
       Décentralisation enfin, comme conséquence logique de la diversification et de la déconcentration, parce que, par nature la production d’énergie renouvelable se fait nécessairement là où les ressources sont effectivement exploitables.       <br />
       
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     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      L’acceptation de l’évolution d’un nouveau bouquet énergétique faisant une place accrue à ces énergies renouvelables en 3D nécessite aussi une forte mobilisation de la société civile. L’hypercentralisation du système énergétique que nous connaissions jusqu’à maintenant permettait d’imposer les décisions formulées en haut lieu d’autant plus facilement que le nombre d’unité de production d’énergie était limité - concentration oblige – et que les oppositions potentielles étaient alors facilement circonscrites. La déconcentration et la décentralisation des unités de production supposent une multiplication des lieux de production d’énergie et une diversification des nuisances possibles. Par conséquent, la mobilisation des citoyens est indispensable pour construire l’acceptabilité locale des solutions proposées. Cette concertation permet d’anticiper la contestation, souvent motivée par le rejet de désagréments localisés qui tend à ignorer l’intérêt général  des installations contestées. Le foisonnement des oppositions aux différents projets de parcs éoliens illustre bien cette logique du NIMBY : Not in my backyard ! (Pas dans mon jardin !).        <br />
       Pourtant, constatant qu’aucune production d’énergie ne vient sans son lot d’avantages et d’inconvénients, il faudra bien que nous apprenions collectivement à arbitrer – là encore – entre les différents inconvénients générés pour la production d’énergie dont nous déclarons avoir besoin. Dans ce domaine le rôle des associations de protection de l’environnement est essentiel. D’une part, ce sont elles qui permettent de considérer avec attention les diverses nuisances qu’il faut apprendre à gérer. D’autre part, ce sont aussi elles qui doivent nous aider à choisir entre différentes combinaisons d’avantages et d’inconvénients, en proposant si cela est nécessaire une nouvelle hiérarchisation des impératifs de protection de l’environnement. Les possibles concessions pour assouplir certaines règles logiquement contraignantes de loi littorale, dans le seul but de permettre l’implantation d’éoliennes à proximité du trait de côte, justement là où ces machines seront très efficaces, illustre bien les nouvelles priorités à établir pour mieux servir l’intérêt général.
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     <div>
      En observant ses deux principaux leviers – réduction des consommations et développement des renouvelables - on comprend aisément que les collectivités locales ont un rôle prépondérant dans la conception et la mise en œuvre de la transition énergétique. D’une part, elles constituent l’espace de proximité entre les acteurs – citoyens, entreprises, associations – qui permettra d’encourager les efforts de sobriété et d’efficacité et de dessiner les mutations des modes de vie nécessaire à l’ampleur des réductions de consommations d’énergie que nous devons atteindre. D’autre part, c’est aussi à échelle « locale » que se construiront les arbitrages en faveur de telle ou telle solution d’énergie renouvelable, en conduisant les acteurs à accepter certaines nuisances en contre partie des bénéfices collectifs des choix retenus.       <br />
       Les Plans Climat Energie Territoriaux ont bien montré la possibilité de construire démocratiquement des stratégies d’action permettant de couvrir les besoins en énergie d’un territoire en respectant les enjeux environnementaux essentiels, du local au global et en prenant en compte les enjeux sociaux. Ces processus de concertation ont surtout fait la preuve que le caractère collaboratif de la construction de ces nouvelles politiques énergétiques est la condition incontournable de leur succès à terme. Car demain, ce seront bien les entreprises, les coopératives agricoles, les associations de quartier, les groupes de consommateurs, les citoyennes et les citoyens qui mettront en œuvre, en pratique, les ressorts de cette transition.       <br />
       
     </div>
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     <div>
      Voilà pourquoi le débat national engagé par le gouvernement doit aussi être un moment de pédagogie collective. Les enjeux énergétiques sont certes complexes, mais ils concernent tout le monde. L’énergie est au cœur de nos vies. Nous sommes tous interpellés par notre facture d’énergie. Nous sommes tous sensibles aux impacts sociaux et environnementaux des choix technologiques opérés. Nous sommes donc tous engagés par les arbitrages collectifs nécessaires pour satisfaire nos besoins en énergie dans une société qui devra faire la paix avec son environnement.
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     <br style="clear:both;"/>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.brunorebelle.fr/Transition-energetique-L-incontournable-participation-de-la-societe-civile_a84.html" />
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   <title>La transition énergétique sera-t-elle possible sous le gouvernement Ayrault ?</title>
   <updated>2012-05-22T23:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/La-transition-energetique-sera-t-elle-possible-sous-le-gouvernement-Ayrault_a74.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
   <published>2012-05-22T23:23:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Interview donnée le 22 mai à Claire Avignon de l'Agence AEF Développement Durable     <div>
      La composition du gouvernement est « favorable » à la transition énergétique prônée par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, juge Bruno Rebelle, dirigeant de la société de conseil Transitions, auprès d'AEF Développement durable, lundi 21 mai 2012. L'ancien dirigeant de Greenpeace et conseiller environnement de Ségolène Royal en 2007, avait d'abord exprimé des réserves quant à la nomination comme Premier ministre de Jean-Marc Ayrault (AEF n°13725). Toutefois, il considère que les nominations de Nicole Bricq (Écologie, Développement durable et Énergie) et de Cécile Duflot (Égalité des territoires et Logement) sont des « signes positifs » de même que celles de Pierre Moscovici à Bercy, de Pascal Canfin au Développement ou encore d'Aurélie Filippetti à la Culture.       <br />
              <br />
       AEF : Comment définiriez-vous la « transition énergétique » que souhaitent mettre en oeuvre le président de la République François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : C'est avant toute chose sortir de la dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz…) et fissiles. Ces énergies présentent des risques pour les court, moyen, et long termes. L'accent doit être mis sur la sobriété et sur l'efficacité. Une fois ces efforts réalisés, la France aura un volume de besoins énergétiques moins important. Elle pourra alors engager la transition vers un modèle avec très peu de risques. Mais pour opérer cette transition, il faudra absolument travailler au plus près des citoyens. Je rappelle que 50 % de la consommation énergétique est liée aux actes quotidiens : se loger, se chauffer, se déplacer…       <br />
              <br />
       AEF : Dans un texte publié dans « La Tribune » du 23 mars, vous insistez, avec les député PS François Brottes et Alain Rousset, sur l'importance de la décentralisation en matière d'énergie.       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La décentralisation est un instrument nécessaire pour optimiser cette transition. Les collectivités locales sont les mieux placées pour mettre en oeuvre cette transition, notamment pour l'étape de développement des capacités de production d'origine renouvelable. Il faudra utiliser une multitude de ressources, l'éolien, le solaire, le photovoltaïque (au sol, sur les toits…), l'hydroélectricité, la géothermie (profonde, peu profonde), etc. Pour cela, il sera nécessaire d'être au plus près du potentiel des territoires et de sortir du modèle des grosses unités centralisées. Les régions seront particulièrement bien placées grâce à leurs compétences en matière de développement économique et de formation professionnelle.       <br />
              <br />
       AEF : Sont-elles prêtes?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Non seulement elles sont prêtes, mais elles le demandent depuis longtemps, avec l'acte III de la décentralisation qu'elles appellent de leur voeu.       <br />
              <br />
       AEF : Plus globalement, François Hollande souhaite la « transition écologique »? Que signifie-t-elle ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : En prenant modèle sur la transition énergétique, il s'agit de diminuer les consommations et d'optimiser les usages des ressources qui sont limitées sur la planète, en développant une agriculture avec moins de consommation d'intrants, et qui optimise les liens entre les territoires, en travaillant sur l'ensemble du cycle de vie des produits, en optimisant toutes les étapes de production de l'amont à l'aval.       <br />
              <br />
       AEF : Comment le gouvernement peut-il intervenir ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : L'une des mesures importantes sera une réforme fiscale radicale. Il faut prendre le problème à la racine, que la fiscalité pèse sur les ressources plutôt que sur le travail. Nous devons donner leur vraie valeur aux produits en intégrant leur impact sur l'environnement.       <br />
              <br />
       Une autre réforme importante sera celle du système de gestion des déchets. Une réforme de fond d'Eco-Emballages est nécessaire, afin que les acteurs aient intérêt à diminuer leur consommation de ressources.       <br />
              <br />
       AEF : Où en sera-t-on de ces transitions à la fin du quinquennat ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La transition énergétique dans un pays comme la France va prendre quinze à vingt ans. Il faut donc s'y mettre le plus vite possible. Le premier temps sera celui du débat, de la pédagogie. Il devrait prendre environ un an. Le débat devra être vaste, il ne s'agira pas de se prononcer pour ou contre le nucléaire, mais de définir la transition énergétique. Il faudra faire comprendre qu'il n'y a pas de solution sans certaines nuisances, alors que pendant longtemps, on a fait croire le contraire.       <br />
              <br />
       AEF : Quelle sera la phase suivante?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Il faudra arbitrer entre les différentes solutions et les différentes nuisances qui y sont liées. Cette phase de construction des arbitrages devrait également prendre un an. Elle ne devra pas être menée par les directeurs de l'administration centrale, ce sera aux citoyens d'affirmer ce qu'ils veulent et ce qu'ils ne veulent pas. Même si, au final, les ministres trancheront.       <br />
              <br />
       AEF : Dans cette perspective, comment analysez-vous la composition du gouvernement?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Elle est plutôt favorable à la prise en compte de ces enjeux. L'énergie est redevenue une compétence du ministère de l'Écologie. Nicole Bricq pourra porter le débat avec l'envergure avec laquelle il doit être porté. De plus, elle connaît bien les questions de fiscalité.       <br />
              <br />
       Quant au périmètre du portefeuille de Cécile Duflot (Égalité des territoires et Logement), il est intelligent, car il permet de traiter le court, le moyen, et le long terme.       <br />
              <br />
       AEF : Est-ce suffisant?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Vous avez d'autres signes positifs : Pierre Moscovici [ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur] a beaucoup progressé sur ces questions ces dernières années. Il y a la création d'un ministère de l'Économie sociale et solidaire, d'un ministère du Développement. Pascal Canfin (EELV) pourra ainsi croiser les enjeux environnementaux avec ceux du développement. Or, la transition énergétique, c'est favoriser l'autonomie des territoires, y compris à l'étranger. Les énergies renouvelables seront les énergies de la paix.       <br />
              <br />
       Il y aura également Aurélie Filippetti à la Culture qui pourra porter les questions environnementales, ou encore Vincent Peillon qui pourra insister sur l'éducation à l'environnement. Ce sont des gens bien préparés.       <br />
              <br />
       AEF : Nicole Bricq est neuvième dans le rang protocolaire. Lors des précédents gouvernements, Jean-Louis Borloo était le numéro deux, Nathalie Kosciusko-Morizet numéro quatre.       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Il faut voir ce qu'on fait du rang ! Nathalie Kosciusko-Morizet était certes numéro quatre, mais elle est partie six mois avant la fin du quinquennat. Cela montre bien l'intérêt de l'ancienne majorité pour le sujet… Tout cela était factice.       <br />
              <br />
       AEF : En 2007, les ONG étaient arrivées en position de force lors du Grenelle de l'environnement, grâce au pacte de Nicolas Hulot et à la création de l'Alliance pour la planète. Comment analysez-vous leur poids en 2012?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : C'est grâce à la détermination des ONG que les questions de transitions énergétique et écologique sont devenues incontournables. Ce qui est dommage, c'est qu'elles n'ont pas réussi à faire comprendre que le développement durable est une stratégie de sortie de crise. Elles peuvent encore reprendre la main sur cette partie du débat.       <br />
              <br />
       AEF : La transition énergétique peut-elle se faire sans taxe carbone?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Mettre une vraie valeur sur les produits et prendre en compte leur impact sur l'environnement passe par une contribution climat-énergie, terme que je préfère à taxe carbone. Il faut qu'on apprenne à payer le vrai prix des choses. L'idée de relancer le débat au niveau européen est une bonne chose, mais la France pourrait prendre l'initiative de mettre en place rapidement une taxe en France. On peut espérer que le rapport de forces évolue.       <br />
              <br />
       AEF : Quel peut être le rôle des entreprises dans cette transition?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La question du reporting et de la gouvernance est importante. Il faut une meilleure représentation des parties prenantes internes dans les conseils d'administration, et que les parties prenantes externes y aient accès. Elles doivent également avoir plus de moyens pour agir. Quant au reporting, il faut être sérieux : ce n'est pas une contrainte énorme pour les entreprises ! Et quand elles le font sérieusement, elles gagnent en productivité, car elles voient des choses qu'elles ne pouvaient pas voir auparavant.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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