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 <title>Le Blog de Bruno Rebelle</title>
 <subtitle><![CDATA[Le Blog de M. Bruno Rebelle, Directeur de Transitions, agence conseil en développement durable Ancien responsable de Greenpeace en France et à l'international]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-13T03:05:34+02:00</updated>
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   <title>Bataille se trompe de combat !</title>
   <updated>2013-08-07T09:23:00+02:00</updated>
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   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-08-07T09:13:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un entretien au Figaro donné le 3 août, le député socialiste Christian Bataille en proposant de « remettre les écologistes à leur juste place », lance une nouvelle charge contre les défenseurs de l’environnement en général et les Verts en particulier. Je laisse le soin aux dirigeants de EELV de commenter les propos tenus par Monsieur Bataille contestant les choix du Président de la République de maintenir les équilibres politiques au sein de sa majorité. Mais je ne résiste pas à l’envie de rappeler à cher Christian qu’il se trompe bataille.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5752590-8576745.jpg?v=1375859938" alt="Bataille se trompe de combat !" title="Bataille se trompe de combat !" />
     </div>
     <div>
      Depuis le Rapport Meadow, en 1972 tout de même, de nombreux observateurs s’interrogent sur les limites d’une croissance économique érigée en modèle structurant la société. Depuis la présentation en 1987  par Madame Gro Harlem Brundtland du célèbre rapport « Notre futur commun » le concept de développement durable a fait son chemin. Plus récemment le Grenelle environnement porté par le gouvernement Fillon a mis en évidence l’intérêt de relancer la croissance verte… Enfin, le Président François Hollande, a été élu en mettant en avant l’importance de conduire une transition écologique et sociale comme piste d’une sortie de crise. Que faut il de plus à Monsieur Bataille pour comprendre que le monde a changé et les ressorts anciens du dogme socialiste – produire des richesses pour les redistribuer – ne fonctionnent plus tout a fait comme hier… ?       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5752590-8576746.jpg?v=1375859916" alt="Bataille se trompe de combat !" title="Bataille se trompe de combat !" />
     </div>
     <div>
      Nous ne saurions trop lui conseiller de lire avec attention l’analyse toute récente faite par la nouvelle responsable de l'environnement aux Etats-Unis qui souligne que la prise en compte de l'environnement est bénéfique à l'économie et à la création d'emplois. Cette analyse est le fruit de décennies d'expérience dans ce grand pays. Gina McCarthy, nouvelle administratrice de l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA),  dans son premier grand discours prononcé à Harvard estime que ces constats devraient mettre fin au &quot; faux dilemme &quot; qui tendait à affirmer que la protection de l'environnement entravait la croissance économique.       <br />
       La haute autorité américaine souligne par exemple l’effet bénéfique sur l’activité du secteur automobile qu’ont eu les normes plus strictes de consommation de carburant imposées par le gouvernement Obama en 2011. La contrainte aura eu pour effet la mise sur le marché de véhicules moins émetteurs et plus économes, redynamisant les ventes de voitures.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Dans un domaine un peu différent, l'EPA souligne l’intérêt des mesures prises pour réduire la pollution par le mercure, les particules fines, les suies, le dioxyde de soufre et d'autres substances toxiques pour contribuer à la rédaction des dépenses de santé et stimuler l’innovation notamment dans le domaine des énergies renouvelables. L’institution met en parallèle la réduction de 70 % ces émissions des polluants courants par rapport à 1970, et le taux de croissance de 200 % de l’économie nationale sur la même période. Dont acte.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Alors que la plupart des entreprises ont cessé d'opposer environnement et performance économique, alors que les principaux syndicats n'opposent plus, depuis plusieurs années, préservation de l'emploi et prise en compte des enjeux écologiques, il serait temps que le Parti Socialiste explique à ses ténors – dont Christian Bataille est un noble représentant – que l’avenir est aux technologies propres, aux pratiques respectueuses de l’environnement, aux dépenses de réparation évitées, à l’exploitation des ressources renouvelables… et que le socialisme sera écologiste ou ne sera pas ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Entreprises de l'énergie: transition impossible?</title>
   <updated>2013-04-22T11:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/Entreprises-de-l-energie-transition-impossible_a86.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-04-21T20:17:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec l’avancée du débat les positions des différentes familles d’acteurs s’affirment. On aurait pu penser que ces acteurs rivaliseraient de créativité pour proposer les solutions les plus adaptées à la couverture des besoins maîtrisés d’une société répondant enfin avec la rigueur nécessaire à l’impératif climatique. On aurait pu penser aussi que tous avaient compris et admis que notre politique énergétique devait évoluer : nécessité de réduction des émissions de gaz à effet de serre, augmentation régulière des prix de l’énergie, précarité énergétique préoccupante d’une part trop importante de la population, vieillissement de certaines installations de production, besoin de compétitivité et de création d’emplois,… pour ne citer que les principales raisons de cette transition. Qu’elle ne fut pas ma surprise à la lecture des premières propositions que le Groupe de contact des entreprises de l’énergie souhaite verser au débat. Au delà de l’ambition du titre : « Produire en France pour réussir la transition » ces propositions laissent pantois… La transition serait-elle impossible pour les entreprises ?     <div>
      La première faiblesse de ce texte tient à la priorité donnée à l’amélioration de la compétitivité des entreprises sans aucune considération pour les enjeux climatiques. Ce raisonnement est illogique voire irresponsable. Il feint d’ignorer que des entreprises, mêmes prospères, n’auront aucun avenir, si on laisse se dégrader les conditions écologiques planétaires… 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je ne reproche pas aux entreprises de plaider pour la compétitivité. Je pointe le fait qu’il est regrettable de ne pas considérer l’impératif climatique comme un enjeu déterminant le futur des activités humaines. Il me semble plus stratégique de placer la compétitivité, non pas avant ou après le changement climatique, mais « à l’intérieur » de cette réalité. Surtout le raisonnement du Groupe de contact des entreprises de l’énergie refuse d’explorer les pistes d’une compétitivité nouvelle qui reposerait, non sur l’aménagement à la marge du système actuel, mais sur les mutations profondes d’un modèle énergétique pour entrer enfin dans une économie plus respectueuse des enjeux écologiques de moyen et de long terme. Tout se passe comme si les représentants des entreprises refusaient de reconnaître les intelligences disponibles, les innovations en cours et les propositions construites de plusieurs experts qui démontrent qu’il est possible de créer de la richesse et de l’emploi en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Déjà fin 2011, Christian de Perthuis, économiste reconnu, soulignait, dans le rapport Trajectoires 2020-2050 demandé par le gouvernement Fillon, l'impact positif pour l'emploi d'une réduction des émissions de CO2 de 30 % d'ici 2020, en comparaison des 20% correspondant aux engagements européens. Le quotidien La Tribune (6.11.2011) allait même jusqu’à écrire qu’il y avait là « une idée suffisamment subversive pour que sa publication ait été bloquée. » Plus récemment, les experts du CIRED sont venus rappeler que le scénario Négawatt permettrait de créer plus de 600.000 emplois d’ici 2030. Soyons certains que si les cerveaux du MEDEF, de l’UFE, de l’AFGaz et de l’UFIP s’organisaient pour penser dans ce sens – en intégrant la réduction des gaz à effet de serre comme contrainte structurante – ils proposeraient rapidement des pistes toutes plus innovantes les unes que les autres, au service de la compétitivité ET du climat.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La deuxième faiblesse des propositions des entreprises est de rien proposer d’autres que la préservation des « filières matures de production d’énergie qui surtout ne doivent pas être déstabilisées ». Le Groupe de contact des entreprises de l’énergie pousse l’ironie à argumenter cette nécessité de préserver les filières existantes au motif qu’elles « ont un rôle pivot dans la transition». C’est un peu comme si l’on proposait le changement en précisant qu’il ne faut rien changer pour justement pouvoir changer… plus tard ! Le texte précise que le parc nucléaire est un atout fondamental et que sa « prolongation durable » (SIC !) doit être recherchée… que le gaz étant une bonne énergie de complément, il convient d’évaluer le potentiel français de gaz de schiste… et qu’enfin « le pétrole restera durablement incontournable dans le transport ». Donc, on garde le nucléaire, le pétrole on rajoute du gaz de schiste, on développe (un peu) les renouvelables et voilà la proposition d’une transition immobile !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Rappelons ici que le terme même de « transition » signifie « passage d’un état à un autre ». L’état que nous voulons quitter est celui d’une politique énergétique insatisfaisante parce que sans avenir. Cette politique repose essentiellement sur le pétrole, le gaz et l’uranium, toutes matières importées au dépend de notre balance commerciale. La politique vers laquelle  nous voulons aller, met en avant la réduction impérative de nos consommations énergétiques – tous domaines confondus – pour avoir quelque chance d’atteindre le Facteur 4 en 2050 (voir ma tribune précédente Débat énergie : il y a de l’électricité dans l’air !). Elle propose ensuite de couvrir nos besoins maîtrisés en développant toutes les solutions renouvelables qui par nature sont des solutions vraiment durables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5438082-8112576.jpg?v=1366578752" alt="Entreprises de l'énergie: transition impossible?" title="Entreprises de l'énergie: transition impossible?" />
     </div>
     <div>
      Si le Groupe de contact des entreprises de l’énergie propose de concentrer la politique de maîtrise de la demande sur la rénovation du bâtiment et de continuer à encourager les progrès d’efficacité dans l’industrie et les transports, ces remarques sonnent creux quand elles passent après la priorité que ce groupe d’entreprises veut donner à la compétitivité de l’offre énergétique sans rien changer ou si peu au bouquet existant. L’audition du Président d’EDF, Henri Proglio, le 18 avril est venue rappeler l’état d’esprit avec lequel le management de cette grande entreprise aborde la transition énergétique. Questionné sur le coût de la prolongation du parc nucléaire, Monsieur Proglio n’a pas daigné imaginer que le débat national puisse proposer qu’une part des 100 à 120 milliards – ce sont ses propres chiffres – qu’il faudra investir dans les 20 prochaines années pour mettre à niveau le parc de production d’électricité, soit affectée à autre chose qu’à la prolongation des centrales nucléaires…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En fait, ces acteurs économiques se déclarent en faveur de la transition énergétique... surtout quand cette transition ne remet pas en cause le système actuel ! Il va bien falloir pourtant que nous changions la donne… La bonne nouvelle pourrait – peut-être - venir de certaines entreprises qui commencent à comprendre que cette transition vue par les uns comme une contrainte pourrait bien devenir une opportunité. Ecoutons et accompagnons donc celles-là… et laissons les dinosaures sur le bord de la route !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Ce que nous dit le maïs américain</title>
   <updated>2012-08-26T17:45:00+02:00</updated>
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   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2012-08-26T17:39:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le prix du maïs américain s’envole. Fin Juillet, il dépassait pour la première fois de son histoire le seuil de 250 € la tonne, instaurant un contexte mondial radicalement nouveau en matière de prix des denrées alimentaires. La flambée des prix agricoles qui découle de cette dégradation aura des conséquences désastreuses à court, moyen et long terme. Il est urgent de repenser les politiques agricoles et alimentaires du global au local.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/4644686-6951699.jpg?v=1345995917" alt="Ce que nous dit le maïs américain" title="Ce que nous dit le maïs américain" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes aujourd’hui très loin des prévisions de début d’année du Département d’Etat de l’Agriculture (USDA). Ce printemps, les agriculteurs américains avaient planté quelques 39 millions d'hectares de maïs et la précocité de la saison laissait penser que la récolte maïs 2012 serait exceptionnelle. En juin, les prévisions dépassaient 375 millions de tonnes et, en toute logique cette abondance devait faire chuter les cours. Mais, ce sont en fait la chaleur et la sécheresse qui ont constitué cet été un record historique aux Etats Unis, générant des dommages aux cultures particulièrement  alarmants. Fin juillet l’USDA ramenait ses prévisions à 330 millions de tonnes de maïs, en baisse de 12 %. Les dernières estimations laissent penser que la récolte serait en retrait de 30% par rapport au chiffre de juin.        <br />
              <br />
       Parce que le maïs américain représente 40 % de la production mondiale, cet effondrement de la production aura des effets désastreux dans le monde entier. Des trois principales céréales cultivées dans le monde, le maïs est la plus importante, totalisant près de 900 millions de tonnes, comparé au blé qui atteint 700 millions et au riz qui culmine à 460 millions. Si le blé et le riz sont des aliments de base pour l’homme, le maïs est principalement utilisé pour l’alimentation animale. Indirectement, une part très importante de l’alimentation humaine - la viande, les œufs, le lait, les produits laitiers et les fromages – est aussi à base de maïs. La hausse des prix du maïs va donc générer d’importante augmentation des prix de la plupart des produits alimentaires.       <br />
              <br />
       Cet « accident » américain suscite plusieurs commentaires.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Premièrement, il met en évidence la mondialisation extrême des marchés agricoles et la dépendance des prix alimentaires à ces marchés, qui comme ceux du pétrole ou d’autres matières premières, subissent des pressions spéculatives considérables. Le déficit de la production américaine intervient au moment où les stocks mondiaux de céréales sont déjà très bas. Il y a une quinzaine d’années, ces stocks se situaient à environ 100 jours de consommation mondiale. Ils pourraient tomber prochainement à moins de 65 jours.        <br />
       Dans ce contexte certains pays producteurs, comme la Russie et l'Argentine, pourraient restreindre leurs exportations pour renforcer leur position sur le marché. S’en suivrait une probable panique des importateurs, et des augmentations considérables des prix alimentaires sur le court terme. A moyen terme, on verra ces pays importateurs renforcer leurs efforts pour prendre le contrôle de terres agricoles en dehors de leurs frontières, comme on le constate depuis quelques années en Afrique de l’Ouest, où les investisseurs chinois multiplient les acquisitions foncières dans la vallée du fleuve Sénégal ou dans le delta du Niger au Mali. Nous sommes, d’ors et déjà, dans une guerre mondiale pour le contrôle de la production de céréales.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Deuxièmement, la part croissante de la population mondiale qui changent progressivement de régime alimentaire en consommant de plus en plus de protéines animales, va se trouver brutalement confrontée à l’augmentation très forte des prix de la viande, des produits laitiers, des œufs et de la volaille. Il va sans dire que cette augmentation sera beaucoup plus rapide que celle de leurs revenus. Ces nouveaux consommateurs de protéines animales seront logiquement tentés de revenir à leurs régimes antérieurs, déstabilisant d’autant le développement des productions animales qui étaient à la hausse dans le monde entier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Troisièmement, constatant que lorsque le prix de l'une des trois grandes céréales monte, les prix des deux autres suivent de manière quasiment symétrique, ce sont, à nouveau les plus pauvres dans le monde entier qui vont se trouver exposer à la faim. En effet la hausse actuelle des prix du maïs intervient à un moment où les prix des céréales étaient déjà élevés : il avaient, avant l’été, doublé par rapport à leur niveau de 2005. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Enfin, il est quasiment certain que cette dégradation des stocks mondiaux et ses conséquences en terme de flambée des prix agricoles, s’installent dans la durée. Du fait du dérèglement climatique, les vagues de chaleur et des sécheresses, comme celle de 2012 aux Etats-Unis, seront de plus en plus fréquentes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il est donc plus qu’urgent de repenser dans un même élan nos politiques agricoles, nos politiques alimentaires et nos efforts pour lutter contre le réchauffement climatique. En l’absence de changements radicaux, notre monde sera de plus en plus instable et par conséquent de moins en moins vivable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>La transition énergétique sera-t-elle possible sous le gouvernement Ayrault ?</title>
   <updated>2012-05-22T23:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/La-transition-energetique-sera-t-elle-possible-sous-le-gouvernement-Ayrault_a74.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
   <published>2012-05-22T23:23:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Interview donnée le 22 mai à Claire Avignon de l'Agence AEF Développement Durable     <div>
      La composition du gouvernement est « favorable » à la transition énergétique prônée par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, juge Bruno Rebelle, dirigeant de la société de conseil Transitions, auprès d'AEF Développement durable, lundi 21 mai 2012. L'ancien dirigeant de Greenpeace et conseiller environnement de Ségolène Royal en 2007, avait d'abord exprimé des réserves quant à la nomination comme Premier ministre de Jean-Marc Ayrault (AEF n°13725). Toutefois, il considère que les nominations de Nicole Bricq (Écologie, Développement durable et Énergie) et de Cécile Duflot (Égalité des territoires et Logement) sont des « signes positifs » de même que celles de Pierre Moscovici à Bercy, de Pascal Canfin au Développement ou encore d'Aurélie Filippetti à la Culture.       <br />
              <br />
       AEF : Comment définiriez-vous la « transition énergétique » que souhaitent mettre en oeuvre le président de la République François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : C'est avant toute chose sortir de la dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz…) et fissiles. Ces énergies présentent des risques pour les court, moyen, et long termes. L'accent doit être mis sur la sobriété et sur l'efficacité. Une fois ces efforts réalisés, la France aura un volume de besoins énergétiques moins important. Elle pourra alors engager la transition vers un modèle avec très peu de risques. Mais pour opérer cette transition, il faudra absolument travailler au plus près des citoyens. Je rappelle que 50 % de la consommation énergétique est liée aux actes quotidiens : se loger, se chauffer, se déplacer…       <br />
              <br />
       AEF : Dans un texte publié dans « La Tribune » du 23 mars, vous insistez, avec les député PS François Brottes et Alain Rousset, sur l'importance de la décentralisation en matière d'énergie.       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La décentralisation est un instrument nécessaire pour optimiser cette transition. Les collectivités locales sont les mieux placées pour mettre en oeuvre cette transition, notamment pour l'étape de développement des capacités de production d'origine renouvelable. Il faudra utiliser une multitude de ressources, l'éolien, le solaire, le photovoltaïque (au sol, sur les toits…), l'hydroélectricité, la géothermie (profonde, peu profonde), etc. Pour cela, il sera nécessaire d'être au plus près du potentiel des territoires et de sortir du modèle des grosses unités centralisées. Les régions seront particulièrement bien placées grâce à leurs compétences en matière de développement économique et de formation professionnelle.       <br />
              <br />
       AEF : Sont-elles prêtes?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Non seulement elles sont prêtes, mais elles le demandent depuis longtemps, avec l'acte III de la décentralisation qu'elles appellent de leur voeu.       <br />
              <br />
       AEF : Plus globalement, François Hollande souhaite la « transition écologique »? Que signifie-t-elle ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : En prenant modèle sur la transition énergétique, il s'agit de diminuer les consommations et d'optimiser les usages des ressources qui sont limitées sur la planète, en développant une agriculture avec moins de consommation d'intrants, et qui optimise les liens entre les territoires, en travaillant sur l'ensemble du cycle de vie des produits, en optimisant toutes les étapes de production de l'amont à l'aval.       <br />
              <br />
       AEF : Comment le gouvernement peut-il intervenir ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : L'une des mesures importantes sera une réforme fiscale radicale. Il faut prendre le problème à la racine, que la fiscalité pèse sur les ressources plutôt que sur le travail. Nous devons donner leur vraie valeur aux produits en intégrant leur impact sur l'environnement.       <br />
              <br />
       Une autre réforme importante sera celle du système de gestion des déchets. Une réforme de fond d'Eco-Emballages est nécessaire, afin que les acteurs aient intérêt à diminuer leur consommation de ressources.       <br />
              <br />
       AEF : Où en sera-t-on de ces transitions à la fin du quinquennat ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La transition énergétique dans un pays comme la France va prendre quinze à vingt ans. Il faut donc s'y mettre le plus vite possible. Le premier temps sera celui du débat, de la pédagogie. Il devrait prendre environ un an. Le débat devra être vaste, il ne s'agira pas de se prononcer pour ou contre le nucléaire, mais de définir la transition énergétique. Il faudra faire comprendre qu'il n'y a pas de solution sans certaines nuisances, alors que pendant longtemps, on a fait croire le contraire.       <br />
              <br />
       AEF : Quelle sera la phase suivante?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Il faudra arbitrer entre les différentes solutions et les différentes nuisances qui y sont liées. Cette phase de construction des arbitrages devrait également prendre un an. Elle ne devra pas être menée par les directeurs de l'administration centrale, ce sera aux citoyens d'affirmer ce qu'ils veulent et ce qu'ils ne veulent pas. Même si, au final, les ministres trancheront.       <br />
              <br />
       AEF : Dans cette perspective, comment analysez-vous la composition du gouvernement?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Elle est plutôt favorable à la prise en compte de ces enjeux. L'énergie est redevenue une compétence du ministère de l'Écologie. Nicole Bricq pourra porter le débat avec l'envergure avec laquelle il doit être porté. De plus, elle connaît bien les questions de fiscalité.       <br />
              <br />
       Quant au périmètre du portefeuille de Cécile Duflot (Égalité des territoires et Logement), il est intelligent, car il permet de traiter le court, le moyen, et le long terme.       <br />
              <br />
       AEF : Est-ce suffisant?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Vous avez d'autres signes positifs : Pierre Moscovici [ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur] a beaucoup progressé sur ces questions ces dernières années. Il y a la création d'un ministère de l'Économie sociale et solidaire, d'un ministère du Développement. Pascal Canfin (EELV) pourra ainsi croiser les enjeux environnementaux avec ceux du développement. Or, la transition énergétique, c'est favoriser l'autonomie des territoires, y compris à l'étranger. Les énergies renouvelables seront les énergies de la paix.       <br />
              <br />
       Il y aura également Aurélie Filippetti à la Culture qui pourra porter les questions environnementales, ou encore Vincent Peillon qui pourra insister sur l'éducation à l'environnement. Ce sont des gens bien préparés.       <br />
              <br />
       AEF : Nicole Bricq est neuvième dans le rang protocolaire. Lors des précédents gouvernements, Jean-Louis Borloo était le numéro deux, Nathalie Kosciusko-Morizet numéro quatre.       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Il faut voir ce qu'on fait du rang ! Nathalie Kosciusko-Morizet était certes numéro quatre, mais elle est partie six mois avant la fin du quinquennat. Cela montre bien l'intérêt de l'ancienne majorité pour le sujet… Tout cela était factice.       <br />
              <br />
       AEF : En 2007, les ONG étaient arrivées en position de force lors du Grenelle de l'environnement, grâce au pacte de Nicolas Hulot et à la création de l'Alliance pour la planète. Comment analysez-vous leur poids en 2012?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : C'est grâce à la détermination des ONG que les questions de transitions énergétique et écologique sont devenues incontournables. Ce qui est dommage, c'est qu'elles n'ont pas réussi à faire comprendre que le développement durable est une stratégie de sortie de crise. Elles peuvent encore reprendre la main sur cette partie du débat.       <br />
              <br />
       AEF : La transition énergétique peut-elle se faire sans taxe carbone?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Mettre une vraie valeur sur les produits et prendre en compte leur impact sur l'environnement passe par une contribution climat-énergie, terme que je préfère à taxe carbone. Il faut qu'on apprenne à payer le vrai prix des choses. L'idée de relancer le débat au niveau européen est une bonne chose, mais la France pourrait prendre l'initiative de mettre en place rapidement une taxe en France. On peut espérer que le rapport de forces évolue.       <br />
              <br />
       AEF : Quel peut être le rôle des entreprises dans cette transition?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La question du reporting et de la gouvernance est importante. Il faut une meilleure représentation des parties prenantes internes dans les conseils d'administration, et que les parties prenantes externes y aient accès. Elles doivent également avoir plus de moyens pour agir. Quant au reporting, il faut être sérieux : ce n'est pas une contrainte énorme pour les entreprises ! Et quand elles le font sérieusement, elles gagnent en productivité, car elles voient des choses qu'elles ne pouvaient pas voir auparavant.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Eléphants blancs, encore et encore !         Chronique Sénégalaise</title>
   <updated>2012-02-19T20:20:00+01:00</updated>
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   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2012-02-12T22:39:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
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    <![CDATA[
Une des orientations de la coopération entre l’Europe et l’Afrique est destinée à renforcer les dynamiques de développement local pour inciter les candidats à l’émigration à rester au pays. Si l’ambition est louable, la mise en œuvre de certaines de ces initiatives est assez désespérante. La Ferme de Mbilor dans la vallée du fleuve Sénégal est un de ces projets aussi couteux qu’inutiles.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/3827102-5737528.jpg?v=1455176667" alt="Eléphants blancs, encore et encore !         Chronique Sénégalaise" title="Eléphants blancs, encore et encore !         Chronique Sénégalaise" />
     </div>
     <div>
      Tout le monde garde en mémoire les flux de migrants du Sénégal, du Mali et de Mauritanie, tentant d’entrer en Europe par les portes espagnoles des iles Canaries ou de Ceuta. En 2006, l’Espagne prenait des mesures radicales pour fermer ses frontières et renvoyer les candidats à l’exode, la plupart du temps des jeunes en quête d’emploi, vers leurs pays d’origine. Conscients de la nécessité de traiter aussi le problème à la source, la coopération espagnole proposait dans le même temps des projets de développement visant à garder les jeunes au pays.       <br />
       En février 2012, j’ai eu l’occasion de découvrir un de ces projets « pilotes » conçu pour créer de l’emploi local et fixer les jeunes professionnels au pays. La déconvenue est totale : la ferme de Mbilor est un de ces projets stupides qui viendra rallonger la longue liste des « éléphants blancs » dénoncés depuis des décennies et dont l’Afrique est malheureusement encombrée.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/3827102-5737529.jpg?v=1455176667" alt="Eléphants blancs, encore et encore !         Chronique Sénégalaise" title="Eléphants blancs, encore et encore !         Chronique Sénégalaise" />
     </div>
     <div>
      La Ferme de Mbilor, à 8 heures de route de Dakar, occupe 4000 hectares destinés à la culture fourragère intensive irriguée par rampes circulaires automatisées comme on en voit aux Etats Unis. Soulignons que pour implanter ces cultures, il a fallu déplacer les agriculteurs qui vivaient de leurs productions vivrières sur la rive du fleuve. Mbilor c’est aussi une étable, dont la structure et le design feraient rêver bien des producteurs français. Elle est équipée d’une salle de traite de 10 places, dans un pays où l’on trait à la main des zébus qui ne produisent que 2 à 4 litres de lait par jour. L’étable héberge un troupeau de 100 vaches jersiaises de race pure, débarquées du Danemark il y a tout juste un mois. Toute l’installation a bien sur été importée en kit d’Europe…  comme le fourrage, arrivant directement d’Espagne, pour nourrir les animaux avant que la production locale ne couvre les besoins. Plus délirant encore, alors que les vaches commencent à mettre bas et entrent en production, personne n’a imaginé comment le lait serait commercialisé… 100 vaches qui produisent 10 à 15 litres par jour ce sont tout de même 1500 litres qu’il faudra conditionner et distribuer dans les 24 heures dans une région où il fait 30 à 40°C et où les réfrigérateurs en état de marche se comptent sur les doigts d’une main. Voilà pour la dimension « économique » !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Mais, pas de panique, la dimension sociale du projet n’a pas été oubliée. Une centaine de bénéficiaires a été identifiée et organisée en 4 groupements qui se verront confiés l’exploitation de cette ferme ultramoderne, depuis la production du fourrage à la commercialisation du lait. Qu’on se rassure les bénéficiaires recevront une formation de 9 mois…  A cette date la « garantie » du concepteur du projet, prendra fin. Et malheureusement, ce n’est pas un gag ! Quand on sait qu’en France on forme les jeunes entrepreneurs agricoles en plusieurs années, on peut raisonnablement douter de l’efficacité d’une formation de neuf mois pour s’approprier de technologies sans commune mesure avec les pratiques locales.
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     <div>
      Tout cela à un coût : l’investissement représente 1,2 millions d’Euro en dehors du coût des experts espagnols qui encadrent le projet. Cela représente 12.000 € par « bénéficiaire »,  c’est à dire 10 ans de rémunération au salaire minimum conventionnel sénégalais pour chacun des bénéficiaires… On se dit qu’il aurait probablement été plus « adapté » de proposer à chacun de ces bénéficiaires un crédit équivalent pour qu’ils développent le projet de son choix. On ne peut aussi s’empêcher de comparer cet investissement avec d’autres options en matière de développement local. Ainsi le forage de Tionokh, à une centaine de kilomètre au Sud de la ferme de Mbilor, n’a coûté que 600.000 €, juste deux fois moins cher. Ici rien d’importé, que des technologies locales et un impact tout différent. 5000 villageois ont maintenant accès à l’eau, tous les jours. Ils se sont organisés pour gérer l’équipement, et faire payer l’eau à son juste prix. L’association des usagers du forage, assure l’entretien de équipements et met de côté chaque mois l’argent qui lui permettra dans 5 ans de remplacer la pompe et le moteur qui seront arrivés à la fin de leur vie.  Et comme le plus important dans ce processus est l’organisation des acteurs locaux, les éleveurs se sont organisés, avec l’aide de l’ONG Agronomes et Vétérinaires sans Frontières, en Unité pastorale, pour gérer les pâturages qui entourent les villages, organiser une cohabitation harmonieuse entre agriculteurs et éleveurs et surtout préserver les ressources naturelles fragiles dans cet environnement sahélien. Rien de très spectaculaire, certes, mais une dynamique tellement plus efficace ! 
     </div>
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     <div>
      Soulignons que dans cette alternative, l’investissement consenti représente 2 mois de salaire par personne impliquée… De quoi faire réfléchir, espérons-le, les décideurs de la coopération espagnole et les responsables sénégalais  !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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