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 <title>Le Blog de Bruno Rebelle</title>
 <subtitle><![CDATA[Le Blog de M. Bruno Rebelle, Directeur de Transitions, agence conseil en développement durable Ancien responsable de Greenpeace en France et à l'international]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-13T01:48:16+02:00</updated>
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   <title>Ma lettre à Elise</title>
   <updated>2017-01-24T18:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/Ma-lettre-a-Elise_a93.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
   <published>2017-01-24T21:00:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Réaction de Bruno Rebelle après la diffusion du magazine Cash Investigation du 24 janvier 2017     <div>
      Chère Elise,        <br />
       Je me dois de rectifier quelques contres vérités que vous avez soulevées dans votre reportage du mardi 24 janvier. Vous affirmez que j’ai refusé de répondre à vos questions. Ceci est faux : vous souhaitiez m’interviewer en tant que porte-parole d’APP or je ne suis ni le porte-parole d’APP, ni celui d’aucun de nos autres clients et je n’ai aucune légitimité ni aucun mandat pour répondre à ce titre.         <br />
       En revanche, vous oubliez de préciser que j'ai échangé à différentes reprises avec votre collaboratrice Marie Maurice, reçue dans nos bureaux le 25 janvier 2016*, pour lui présenter les éléments de contexte indonésiens et pour lui exposer les contours de la mission de conseil que nous assurons auprès d’APP. Vous semblez aussi oublier que nous vous avons invitée dans nos locaux, le 20 septembre 2016*, pour une interview que vous avez finalement annulée.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je l’admets les images choc de votre irruption particulièrement brutale, le 5 septembre, à Convergences, sont nettement plus génératrices d’audience qu’une interview classique dans nos locaux. Ce jour là, vous avez perturbé un atelier de travail multi-acteurs dont l’objectif était de rechercher des solutions concrètes pour limiter la déforestation, notamment en Indonésie. Nous vous avons d’ailleurs invitée à assister à ces échanges très constructifs mais je constate que votre métier ne consiste ni à comprendre la complexité des situations, ni à faire avancer les problématiques sociales ou environnementales.        <br />
       A l’occasion de votre interpellation à Convergences, nous avions convenu d’une rencontre, plus au calme, dans nos bureaux, le 20 septembre. Nous avions aussi convenu que vous deviez nous faire passer les 10 demandes d’interview que vous nous aviez, soi-disant, envoyées. Là aussi vous avez dû oublier, car nous n’avons jamais rien reçu. Surtout, j’ai été très surpris que vous refusiez cette interview lorsque je vous ai précisé que par souci de transparence, nous avions fait appel à un Journaliste Reporter d’Images détenteur d’une carte de presse pour filmer l’intégralité de l’interview afin de nous protéger d’éventuels raccourcis que vous auriez pu faire au montage de cet interview. Vos méthodes d’investigation souffriraient-elles d’un manque de transparence ?         <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Votre reportage questionne l’intégrité de l’ancien dirigeant de Greenpeace que je suis. Sachez que j’assume parfaitement, après avoir occupé des responsabilités importantes dans cette grande organisation de défense de l’environnement, le fait de conseiller aujourd'hui des entreprises ou des territoires qui font le choix de transformer leurs pratiques pour réduire leur impact sur l’environnement.  J’ai ainsi, la « prétention » de poursuivre la même démarche de stimulation et d’accompagnement du changement. Je le fais aujourd’hui depuis ma position de « conseiller » et je ne vois vraiment pas en quoi cette pratique est critiquable.       <br />
       Vous laissez entendre, chère Elise, que, ce faisant, je serais un instrument de Greenwashing. Je vous mets au défit, de démontrer cette accusation. Je n’embellis aucune situation et ne masque aucune difficulté. Oui, j’assume de conseiller des entreprises qui ont des pratiques à améliorer, un héritage à compenser, une confiance à restaurer. Vous admettrez que cela est à la fois plus difficile mais aussi potentiellement plus efficace que de se contenter de dénoncer des faits regrettables ici ou là, ou de souligner des gestes merveilleux mais dont la marginalité n’est malheureusement pas à la hauteur des transformations qu’il faut opérer dans le monde.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Effectivement, le conseiller que je suis prend le risque de voir son client échouer dans sa volonté de transformation. Sauf à faire la preuve de cet échec, vos accusations à mon égard sont malvenues, infondées et surtout fort peu intéressantes pour la cause que vous annoncez vouloir défendre. Je prends aussi le risque que mon travail de conseil fasse aboutir les transformations souhaitées, et qui, portées par une entreprise ayant une capacité d’action très conséquente entrainera des changements de fond très importants dans l’ensemble de son secteur d’activité, dans son pays et sur les marchés internationaux.       <br />
       Je regrette que vous n’ayez pas pris le temps de rencontrer les dirigeants de Greenpeace en Indonésie qui depuis 2013, accompagnent APP dans la mise en œuvre de sa politique de protection et de restauration des forêts. Greenpeace vous aurait alors informée qu’il suspendait toute collaboration avec un autre acteur indonésien, APRIL concurrent direct d'APP, du fait que cette autre entreprise manque à ses engagements. Greenpeace Indonésie vous aurait également informée que ses représentants participent tous les mois aux réunions de pilotage du programme de terrain que met en œuvre APP. (La dernière réunion entre APP et Greenpeace a eu lieu de 17 janvier dernier).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Je regrette enfin, que vous n’ayez su traiter le sujet complexe qu’est la déforestation en Indonésie. Près de deux ans après les feux de 2015 vous concentrez vos attaques sur un seul acteur, sans même faire état des évolutions de ses pratiques en matière de prévention de ces feux ou de restauration des tourbières. Surtout, vous simplifiez à l’excès un sujet complexe : vous ne parlez pas de l’huile de palme, des agro-carburants, du secteur minier, de la production d'hévéa, du programme gouvernemental de transmigration, des 15 millions de petits producteurs indépendants représentant plus de 40% de la production de palme, qui chaque année utilisent la technique du brûlis pour augmenter les surfaces cultivées. Cette partialité et ces simplifications ne servent pas la cause que je continue à défendre avec mon équipe : la promotion de changements structurels pour une protection durable des forêts en Indonésie et dans le reste du monde.        <br />
       Le fait est que cette complexité ne tient pas dans un format de 52 minutes et n’est pas compatible avec votre course à l’audience. Je vous laisse méditer sur cette citation d’Alexis de Tocqueville  particulièrement à propos : &quot;Une idée fausse mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu'une idée vraie mais complexe&quot; (extrait de « La démocratie en Amérique »).       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle, directeur de Transitions.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Bataille se trompe de combat !</title>
   <updated>2013-08-07T09:23:00+02:00</updated>
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   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-08-07T09:13:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un entretien au Figaro donné le 3 août, le député socialiste Christian Bataille en proposant de « remettre les écologistes à leur juste place », lance une nouvelle charge contre les défenseurs de l’environnement en général et les Verts en particulier. Je laisse le soin aux dirigeants de EELV de commenter les propos tenus par Monsieur Bataille contestant les choix du Président de la République de maintenir les équilibres politiques au sein de sa majorité. Mais je ne résiste pas à l’envie de rappeler à cher Christian qu’il se trompe bataille.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5752590-8576745.jpg?v=1375859938" alt="Bataille se trompe de combat !" title="Bataille se trompe de combat !" />
     </div>
     <div>
      Depuis le Rapport Meadow, en 1972 tout de même, de nombreux observateurs s’interrogent sur les limites d’une croissance économique érigée en modèle structurant la société. Depuis la présentation en 1987  par Madame Gro Harlem Brundtland du célèbre rapport « Notre futur commun » le concept de développement durable a fait son chemin. Plus récemment le Grenelle environnement porté par le gouvernement Fillon a mis en évidence l’intérêt de relancer la croissance verte… Enfin, le Président François Hollande, a été élu en mettant en avant l’importance de conduire une transition écologique et sociale comme piste d’une sortie de crise. Que faut il de plus à Monsieur Bataille pour comprendre que le monde a changé et les ressorts anciens du dogme socialiste – produire des richesses pour les redistribuer – ne fonctionnent plus tout a fait comme hier… ?       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5752590-8576746.jpg?v=1375859916" alt="Bataille se trompe de combat !" title="Bataille se trompe de combat !" />
     </div>
     <div>
      Nous ne saurions trop lui conseiller de lire avec attention l’analyse toute récente faite par la nouvelle responsable de l'environnement aux Etats-Unis qui souligne que la prise en compte de l'environnement est bénéfique à l'économie et à la création d'emplois. Cette analyse est le fruit de décennies d'expérience dans ce grand pays. Gina McCarthy, nouvelle administratrice de l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA),  dans son premier grand discours prononcé à Harvard estime que ces constats devraient mettre fin au &quot; faux dilemme &quot; qui tendait à affirmer que la protection de l'environnement entravait la croissance économique.       <br />
       La haute autorité américaine souligne par exemple l’effet bénéfique sur l’activité du secteur automobile qu’ont eu les normes plus strictes de consommation de carburant imposées par le gouvernement Obama en 2011. La contrainte aura eu pour effet la mise sur le marché de véhicules moins émetteurs et plus économes, redynamisant les ventes de voitures.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Dans un domaine un peu différent, l'EPA souligne l’intérêt des mesures prises pour réduire la pollution par le mercure, les particules fines, les suies, le dioxyde de soufre et d'autres substances toxiques pour contribuer à la rédaction des dépenses de santé et stimuler l’innovation notamment dans le domaine des énergies renouvelables. L’institution met en parallèle la réduction de 70 % ces émissions des polluants courants par rapport à 1970, et le taux de croissance de 200 % de l’économie nationale sur la même période. Dont acte.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Alors que la plupart des entreprises ont cessé d'opposer environnement et performance économique, alors que les principaux syndicats n'opposent plus, depuis plusieurs années, préservation de l'emploi et prise en compte des enjeux écologiques, il serait temps que le Parti Socialiste explique à ses ténors – dont Christian Bataille est un noble représentant – que l’avenir est aux technologies propres, aux pratiques respectueuses de l’environnement, aux dépenses de réparation évitées, à l’exploitation des ressources renouvelables… et que le socialisme sera écologiste ou ne sera pas ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>2013 - Rêve de transition !</title>
   <updated>2013-01-02T13:41:00+01:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/2013-Reve-de-transition-_a78.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2013-01-02T13:32:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le ton est donné : l’année 2013 va être difficile ! Les dirigeants européens le répètent avec insistance : la crise perdure ; les entreprises souffrent ; le baril de pétrole s’installe à plus de 100 dollars ; la précarité énergétique progresse ; la dégradation de la biodiversité ne connaît pas de répit ; la pauvreté ne fait que s’aggraver. Conséquence directe ou indirecte, le repli sur soi, la violence et les conflits s’exacerbent. Le constat est dur à l’aube de cette nouvelle année… Mais y-a-t-il du nouveau dans cette description peu reluisante de l’état de notre monde ? Pas vraiment. Cette permanence des constats ne cache-t-elle pas - de plus en plus mal d’ailleurs - le manque de courage des décideurs politiques à engager les changements nécessaires pour faire évoluer notre modèle de société ?     <div>
      En 2012, la majorité des françaises et des français ont soutenu la promesse qui nous était faite « Le changement, c’est maintenant »… même si le sens de ce changement n’était pas précisément défini. Il y a eu ensuite les engagements de la conférence sociale puis ceux de la conférence environnementale. Des chantiers ont été ouverts. Celui de la transition énergétique n’est pas le moindre. Le débat qui s’est progressivement organisé à la fin de l’année dernière va nous faire entrer rapidement dans le vif des questions qui s’imposent à nous : Quelle est la réalité de nos besoins en énergie ? Comment évolueront nos modes de vie ? Comment nous déplacerons-nous ? Quelles solutions de production énergétique seront-nous prêts à soutenir en connaissance des avantages et des inconvénients de chacune des options proposées ?        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/5087445-7593197.jpg?v=1357130457" alt="2013 - Rêve de transition !" title="2013 - Rêve de transition !" />
     </div>
     <div>
      Si la mise en route de ce débat est apparue laborieuse, nous devons noter que les éditoriaux de la fin de l’année ont fait une place progressivement croissante à la nécessité de cette transition et à son potentiel bénéfice pour la société et pour l’économie. Conjointement, des questionnements de plus en plus précis ont été exprimés à l’égard des fondamentaux historiques de notre politique énergétique. Certes, les faits encouragent ces interrogations : dérapage des coûts de l’EPR de Flamanville qui passent de 3,2 à 8,5 milliards ; problèmes récurrents de fiabilité de la sûreté des centrales nucléaires révélées par l’accident de Fukushima ; impacts environnementaux de l’exploitation des gaz de schistes aux Etats Unis et rentabilité biaisée de cette exploitation largement subventionnée ; remise en cause de l’intérêt intrinsèque de certaines infrastructures programmées il y a plusieurs décennies…       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      On se prend donc à rêver que le changement serait effectivement possible, que nous serions en passe de nous libérer du carcan des idées reçues et de la propagande que nous avons tous subit depuis des années, et dont le seul objet était de justifier une politique énergétique dessinée autoritairement au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Il semble bien qu’au plus haut de l’Etat, que dans les grandes entreprises, et dans les collectivités territoriales on admette aujourd’hui que cette politique DOIT changer.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Rêvons donc que le grand débat national sur la transition énergétique ouvre la possibilité d’un changement radical en la matière. Rêvons qu’il soit possible de raisonner d’abord nos besoins en énergie pour, ensuite seulement, imaginer les solutions techniques pour couvrir ces besoins. Rêvons qu’il devienne acceptable de sortir du système hyper-centralisé dans lequel nous sommes encore coincés. Rêvons que déconcentration, diversification et décentralisation s’imposent comme les maîtres mots d’une nouvelle politique énergétique, plus soutenable, plus solidaire, plus efficace. Rêvons que nous puissions nous rassembler autour des enjeux communs : sécurité d’approvisionnement énergétique, coût de l’énergie pour les usagers – entreprises, collectivités ou particuliers ; réduction du déficit commercial – dont les importations d’énergie sont responsables à 85% ; prise en compte des enjeux environnementaux du local au global... Rêvons enfin que nous sachions construire ensemble les solutions qui nous permettront de tirer tous les bénéfices de cette transition énergétique. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ayant rêvé l’avenir pour ne pas avoir à le subir, nous pourrons alors encourager nos décideurs à mettre en œuvre ces changements et leur demander de faire enfin preuve de courage, car sans courage, il n’y aura pas de changement !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Ce que nous dit le maïs américain</title>
   <updated>2012-08-26T17:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/Ce-que-nous-dit-le-mais-americain_a75.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
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   <published>2012-08-26T17:39:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le prix du maïs américain s’envole. Fin Juillet, il dépassait pour la première fois de son histoire le seuil de 250 € la tonne, instaurant un contexte mondial radicalement nouveau en matière de prix des denrées alimentaires. La flambée des prix agricoles qui découle de cette dégradation aura des conséquences désastreuses à court, moyen et long terme. Il est urgent de repenser les politiques agricoles et alimentaires du global au local.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.brunorebelle.fr/photo/art/default/4644686-6951699.jpg?v=1345995917" alt="Ce que nous dit le maïs américain" title="Ce que nous dit le maïs américain" />
     </div>
     <div>
      Nous sommes aujourd’hui très loin des prévisions de début d’année du Département d’Etat de l’Agriculture (USDA). Ce printemps, les agriculteurs américains avaient planté quelques 39 millions d'hectares de maïs et la précocité de la saison laissait penser que la récolte maïs 2012 serait exceptionnelle. En juin, les prévisions dépassaient 375 millions de tonnes et, en toute logique cette abondance devait faire chuter les cours. Mais, ce sont en fait la chaleur et la sécheresse qui ont constitué cet été un record historique aux Etats Unis, générant des dommages aux cultures particulièrement  alarmants. Fin juillet l’USDA ramenait ses prévisions à 330 millions de tonnes de maïs, en baisse de 12 %. Les dernières estimations laissent penser que la récolte serait en retrait de 30% par rapport au chiffre de juin.        <br />
              <br />
       Parce que le maïs américain représente 40 % de la production mondiale, cet effondrement de la production aura des effets désastreux dans le monde entier. Des trois principales céréales cultivées dans le monde, le maïs est la plus importante, totalisant près de 900 millions de tonnes, comparé au blé qui atteint 700 millions et au riz qui culmine à 460 millions. Si le blé et le riz sont des aliments de base pour l’homme, le maïs est principalement utilisé pour l’alimentation animale. Indirectement, une part très importante de l’alimentation humaine - la viande, les œufs, le lait, les produits laitiers et les fromages – est aussi à base de maïs. La hausse des prix du maïs va donc générer d’importante augmentation des prix de la plupart des produits alimentaires.       <br />
              <br />
       Cet « accident » américain suscite plusieurs commentaires.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Premièrement, il met en évidence la mondialisation extrême des marchés agricoles et la dépendance des prix alimentaires à ces marchés, qui comme ceux du pétrole ou d’autres matières premières, subissent des pressions spéculatives considérables. Le déficit de la production américaine intervient au moment où les stocks mondiaux de céréales sont déjà très bas. Il y a une quinzaine d’années, ces stocks se situaient à environ 100 jours de consommation mondiale. Ils pourraient tomber prochainement à moins de 65 jours.        <br />
       Dans ce contexte certains pays producteurs, comme la Russie et l'Argentine, pourraient restreindre leurs exportations pour renforcer leur position sur le marché. S’en suivrait une probable panique des importateurs, et des augmentations considérables des prix alimentaires sur le court terme. A moyen terme, on verra ces pays importateurs renforcer leurs efforts pour prendre le contrôle de terres agricoles en dehors de leurs frontières, comme on le constate depuis quelques années en Afrique de l’Ouest, où les investisseurs chinois multiplient les acquisitions foncières dans la vallée du fleuve Sénégal ou dans le delta du Niger au Mali. Nous sommes, d’ors et déjà, dans une guerre mondiale pour le contrôle de la production de céréales.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Deuxièmement, la part croissante de la population mondiale qui changent progressivement de régime alimentaire en consommant de plus en plus de protéines animales, va se trouver brutalement confrontée à l’augmentation très forte des prix de la viande, des produits laitiers, des œufs et de la volaille. Il va sans dire que cette augmentation sera beaucoup plus rapide que celle de leurs revenus. Ces nouveaux consommateurs de protéines animales seront logiquement tentés de revenir à leurs régimes antérieurs, déstabilisant d’autant le développement des productions animales qui étaient à la hausse dans le monde entier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Troisièmement, constatant que lorsque le prix de l'une des trois grandes céréales monte, les prix des deux autres suivent de manière quasiment symétrique, ce sont, à nouveau les plus pauvres dans le monde entier qui vont se trouver exposer à la faim. En effet la hausse actuelle des prix du maïs intervient à un moment où les prix des céréales étaient déjà élevés : il avaient, avant l’été, doublé par rapport à leur niveau de 2005. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Enfin, il est quasiment certain que cette dégradation des stocks mondiaux et ses conséquences en terme de flambée des prix agricoles, s’installent dans la durée. Du fait du dérèglement climatique, les vagues de chaleur et des sécheresses, comme celle de 2012 aux Etats-Unis, seront de plus en plus fréquentes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il est donc plus qu’urgent de repenser dans un même élan nos politiques agricoles, nos politiques alimentaires et nos efforts pour lutter contre le réchauffement climatique. En l’absence de changements radicaux, notre monde sera de plus en plus instable et par conséquent de moins en moins vivable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>La transition énergétique sera-t-elle possible sous le gouvernement Ayrault ?</title>
   <updated>2012-05-22T23:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.brunorebelle.fr/La-transition-energetique-sera-t-elle-possible-sous-le-gouvernement-Ayrault_a74.html</id>
   <category term="Billets / Tribunes" />
   <published>2012-05-22T23:23:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno REBELLE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Interview donnée le 22 mai à Claire Avignon de l'Agence AEF Développement Durable     <div>
      La composition du gouvernement est « favorable » à la transition énergétique prônée par François Hollande lors de sa campagne présidentielle, juge Bruno Rebelle, dirigeant de la société de conseil Transitions, auprès d'AEF Développement durable, lundi 21 mai 2012. L'ancien dirigeant de Greenpeace et conseiller environnement de Ségolène Royal en 2007, avait d'abord exprimé des réserves quant à la nomination comme Premier ministre de Jean-Marc Ayrault (AEF n°13725). Toutefois, il considère que les nominations de Nicole Bricq (Écologie, Développement durable et Énergie) et de Cécile Duflot (Égalité des territoires et Logement) sont des « signes positifs » de même que celles de Pierre Moscovici à Bercy, de Pascal Canfin au Développement ou encore d'Aurélie Filippetti à la Culture.       <br />
              <br />
       AEF : Comment définiriez-vous la « transition énergétique » que souhaitent mettre en oeuvre le président de la République François Hollande et le gouvernement de Jean-Marc Ayrault?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : C'est avant toute chose sortir de la dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz…) et fissiles. Ces énergies présentent des risques pour les court, moyen, et long termes. L'accent doit être mis sur la sobriété et sur l'efficacité. Une fois ces efforts réalisés, la France aura un volume de besoins énergétiques moins important. Elle pourra alors engager la transition vers un modèle avec très peu de risques. Mais pour opérer cette transition, il faudra absolument travailler au plus près des citoyens. Je rappelle que 50 % de la consommation énergétique est liée aux actes quotidiens : se loger, se chauffer, se déplacer…       <br />
              <br />
       AEF : Dans un texte publié dans « La Tribune » du 23 mars, vous insistez, avec les député PS François Brottes et Alain Rousset, sur l'importance de la décentralisation en matière d'énergie.       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La décentralisation est un instrument nécessaire pour optimiser cette transition. Les collectivités locales sont les mieux placées pour mettre en oeuvre cette transition, notamment pour l'étape de développement des capacités de production d'origine renouvelable. Il faudra utiliser une multitude de ressources, l'éolien, le solaire, le photovoltaïque (au sol, sur les toits…), l'hydroélectricité, la géothermie (profonde, peu profonde), etc. Pour cela, il sera nécessaire d'être au plus près du potentiel des territoires et de sortir du modèle des grosses unités centralisées. Les régions seront particulièrement bien placées grâce à leurs compétences en matière de développement économique et de formation professionnelle.       <br />
              <br />
       AEF : Sont-elles prêtes?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Non seulement elles sont prêtes, mais elles le demandent depuis longtemps, avec l'acte III de la décentralisation qu'elles appellent de leur voeu.       <br />
              <br />
       AEF : Plus globalement, François Hollande souhaite la « transition écologique »? Que signifie-t-elle ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : En prenant modèle sur la transition énergétique, il s'agit de diminuer les consommations et d'optimiser les usages des ressources qui sont limitées sur la planète, en développant une agriculture avec moins de consommation d'intrants, et qui optimise les liens entre les territoires, en travaillant sur l'ensemble du cycle de vie des produits, en optimisant toutes les étapes de production de l'amont à l'aval.       <br />
              <br />
       AEF : Comment le gouvernement peut-il intervenir ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : L'une des mesures importantes sera une réforme fiscale radicale. Il faut prendre le problème à la racine, que la fiscalité pèse sur les ressources plutôt que sur le travail. Nous devons donner leur vraie valeur aux produits en intégrant leur impact sur l'environnement.       <br />
              <br />
       Une autre réforme importante sera celle du système de gestion des déchets. Une réforme de fond d'Eco-Emballages est nécessaire, afin que les acteurs aient intérêt à diminuer leur consommation de ressources.       <br />
              <br />
       AEF : Où en sera-t-on de ces transitions à la fin du quinquennat ?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La transition énergétique dans un pays comme la France va prendre quinze à vingt ans. Il faut donc s'y mettre le plus vite possible. Le premier temps sera celui du débat, de la pédagogie. Il devrait prendre environ un an. Le débat devra être vaste, il ne s'agira pas de se prononcer pour ou contre le nucléaire, mais de définir la transition énergétique. Il faudra faire comprendre qu'il n'y a pas de solution sans certaines nuisances, alors que pendant longtemps, on a fait croire le contraire.       <br />
              <br />
       AEF : Quelle sera la phase suivante?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Il faudra arbitrer entre les différentes solutions et les différentes nuisances qui y sont liées. Cette phase de construction des arbitrages devrait également prendre un an. Elle ne devra pas être menée par les directeurs de l'administration centrale, ce sera aux citoyens d'affirmer ce qu'ils veulent et ce qu'ils ne veulent pas. Même si, au final, les ministres trancheront.       <br />
              <br />
       AEF : Dans cette perspective, comment analysez-vous la composition du gouvernement?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Elle est plutôt favorable à la prise en compte de ces enjeux. L'énergie est redevenue une compétence du ministère de l'Écologie. Nicole Bricq pourra porter le débat avec l'envergure avec laquelle il doit être porté. De plus, elle connaît bien les questions de fiscalité.       <br />
              <br />
       Quant au périmètre du portefeuille de Cécile Duflot (Égalité des territoires et Logement), il est intelligent, car il permet de traiter le court, le moyen, et le long terme.       <br />
              <br />
       AEF : Est-ce suffisant?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Vous avez d'autres signes positifs : Pierre Moscovici [ministre de l'Economie, des Finances et du Commerce extérieur] a beaucoup progressé sur ces questions ces dernières années. Il y a la création d'un ministère de l'Économie sociale et solidaire, d'un ministère du Développement. Pascal Canfin (EELV) pourra ainsi croiser les enjeux environnementaux avec ceux du développement. Or, la transition énergétique, c'est favoriser l'autonomie des territoires, y compris à l'étranger. Les énergies renouvelables seront les énergies de la paix.       <br />
              <br />
       Il y aura également Aurélie Filippetti à la Culture qui pourra porter les questions environnementales, ou encore Vincent Peillon qui pourra insister sur l'éducation à l'environnement. Ce sont des gens bien préparés.       <br />
              <br />
       AEF : Nicole Bricq est neuvième dans le rang protocolaire. Lors des précédents gouvernements, Jean-Louis Borloo était le numéro deux, Nathalie Kosciusko-Morizet numéro quatre.       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Il faut voir ce qu'on fait du rang ! Nathalie Kosciusko-Morizet était certes numéro quatre, mais elle est partie six mois avant la fin du quinquennat. Cela montre bien l'intérêt de l'ancienne majorité pour le sujet… Tout cela était factice.       <br />
              <br />
       AEF : En 2007, les ONG étaient arrivées en position de force lors du Grenelle de l'environnement, grâce au pacte de Nicolas Hulot et à la création de l'Alliance pour la planète. Comment analysez-vous leur poids en 2012?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : C'est grâce à la détermination des ONG que les questions de transitions énergétique et écologique sont devenues incontournables. Ce qui est dommage, c'est qu'elles n'ont pas réussi à faire comprendre que le développement durable est une stratégie de sortie de crise. Elles peuvent encore reprendre la main sur cette partie du débat.       <br />
              <br />
       AEF : La transition énergétique peut-elle se faire sans taxe carbone?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : Mettre une vraie valeur sur les produits et prendre en compte leur impact sur l'environnement passe par une contribution climat-énergie, terme que je préfère à taxe carbone. Il faut qu'on apprenne à payer le vrai prix des choses. L'idée de relancer le débat au niveau européen est une bonne chose, mais la France pourrait prendre l'initiative de mettre en place rapidement une taxe en France. On peut espérer que le rapport de forces évolue.       <br />
              <br />
       AEF : Quel peut être le rôle des entreprises dans cette transition?       <br />
              <br />
       Bruno Rebelle : La question du reporting et de la gouvernance est importante. Il faut une meilleure représentation des parties prenantes internes dans les conseils d'administration, et que les parties prenantes externes y aient accès. Elles doivent également avoir plus de moyens pour agir. Quant au reporting, il faut être sérieux : ce n'est pas une contrainte énorme pour les entreprises ! Et quand elles le font sérieusement, elles gagnent en productivité, car elles voient des choses qu'elles ne pouvaient pas voir auparavant.       <br />
       
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