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"Face aux crises, une solution : la conversion écologique et sociale de notre société"

Billets / Tribunes

| Par Bruno REBELLE | Mardi 13 Septembre 2011 à 09:28 | 0 commentaire

Après l’explosion, le 12 septembre, d’un four de traitement de déchets nucléaires, et au delà de la négation récurrente de toute forme de danger généré par cet accident, la propagande reprend le dessus pour nous faire croire, qu’ici comme ailleurs, on recyclerait les déchets nucléaires.


Je ne reviens pas ici sur « l’information » toujours bien lissée et totalement rassurante : pas de fuite, pas de risque, pas de confinement… un mort tout de même, mais bien sur cela n’a rien à voir avec la nature nucléaire de l’activité… Nous sommes habitués (malheureusement !).
J’ai surtout été frappé par les annonces quasi unanimes des journalistes sur le fait que cet accident intervenait dans une usine de « recyclage » de déchets nucléaires. De l’ineffable David Pujadas en ouverture du 20h00 le 12 septembre, au rappel des titres de France Info le 13 au matin, aucune dissonance : « Centraco, filiale d’EDF, spécialisée dans le recyclage des déchets nucléaires… » Les médias sont certainement bien briefés par les politiques et le service de presse hyper performant du système industriel nucléaire… mais tout de même.

Le recyclage est un procédé de traitement des déchets (industriels ou ménagers) qui permet de réintroduire, dans le cycle de production, des matériaux qui composaient un produit similaire arrivé en fin de vie, ou des résidus de fabrication. L’un des exemples qui illustre ce procédé est celui de la fabrication de bouteilles avec le verre des bouteilles usagées ou de vêtements en « laine polaire » à partir des emballages et bouteilles en PET. Monsieur Proglio, PDG d'EDF, donc "patron" de Centraco sa filiale, venant tout droit d'un des grands spécialistes français de la gestion des déchets devrait avoir en tête la définition précise de ce qu'est le "recyclage".

Une vérification toute simple des volumes de déchets traités par l’usine Centraco, démontre sans aucune hésitation possible que nous ne sommes pas du tout, mais alors pas du tout, dans une activité de recyclage. Si l’usine traite environ 6200 tonnes de déchets par an depuis 10 ans elle n’a jusqu’à fin 2009 rien recyclé du tout, pas un kilo, par un gramme, pas un copeau de déchet métallique ! Pas de polémique possible puisque les chiffres sont ceux de l’entreprise elle même (http://www.socodei.fr/societe/chiffres-cles/)…
Progrès notable en 2010, le même site annonce 100 tonnes de déchets métalliques valorisés. 100 tonnes en 10 ans d’activité c’est tout de même un taux de recyclage de 0,16%... Peut mieux faire ? Et bien non justement car la caractéristique majeure des déchets nucléaires est justement qu’ils sont radioactifs et que la radioactivité ne s’élimine pas comme ça… Il est donc quasiment impossible d'isoler d'un mélange de déchets radioactif des matières qui ne le seraient pas et qui pourraient donc être réutilisées... Ce sont les lois de la physique nucléaire qui imposent cette réalité...


Qu’on se le dise donc une bonne fois pour toute : à l’exception d’une toute petite proportion de plutonium, matière hautement radioactive, extraite des combustibles usés qui est effectivement réintroduite dans la fabrication de combustible MOX (pour « mélange d’oxydes ») à Marcoule justement, 99,5 % des déchets nucléaires finissent dans un trou, plus ou moins profond… Et cela n’a rien à voir avec du recyclage !

Bruno REBELLE

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